Diversifier un portefeuille, c'est répartir son argent entre des placements qui ne montent pas et ne baissent pas tous en même temps. L'AMF le résume par le premier conseil donné à tout épargnant, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Ce guide montre ce que la diversification réduit et ce qu'elle laisse, sur des chiffres réels.
Les étapes :
- Comprendre ce que la diversification réduit
- Répartir entre sociétés et secteurs
- Répartir entre pays et devises
- Répartir entre types de placements
- Vérifier la diversification réelle
- Rééquilibrer dans le temps
- Choisir l'enveloppe
Ce guide est un contenu d'information. Il ne propose aucune répartition selon un profil et ne constitue pas un conseil en investissement.
1. Comprendre ce que la diversification réduit
Une action porte 2 sortes de risques. Le premier est propre à la société, comme un produit qui déçoit, un procès ou une dette mal gérée. Le second touche tout le marché, comme une récession ou une hausse brutale des taux. La diversification réduit le premier, car les accidents de chaque société pèsent moins dans un ensemble. Elle ne supprime pas le second. L'indice MSCI World, qui réunissait 1 249 sociétés au 30/09/2026, a perdu 17,73% en 2022, en dollars et en rendement brut, dividendes réinvestis, selon la fiche publiée par MSCI.
Selon l'AMF, réduire le risque demande d'associer des placements qui ne se comportent pas de la même façon au même moment. Les professionnels parlent de décorrélation. La diversification ne garantit aucun gain, mais elle évite qu'un seul placement décide du résultat de tout le portefeuille.
2. Répartir entre sociétés et secteurs
L'écart entre les sociétés se voit sur une seule année. Le tableau suit 13 grandes sociétés françaises du CAC 40, de plusieurs secteurs, entre le 31 décembre 2024 et le 31 décembre 2025.
| Société | Au 31/12/2024 | Au 31/12/2025 | Variation 2025 |
|---|---|---|---|
| Dassault Systèmes | 33,50 € | 23,84 € | -28,8% |
| Sanofi | 93,74 € | 82,72 € | -11,8% |
| Hermès | 2 322 € | 2 122 € | -8,6% |
| Schneider Electric | 240,90 € | 234,90 € | -2,5% |
| LVMH | 635,50 € | 645,00 € | +1,5% |
| Air Liquide | 142,65 € | 145,69 € | +2,1% |
| TotalEnergies | 53,37 € | 55,59 € | +4,2% |
| L'Oréal | 341,85 € | 366,60 € | +7,2% |
| Vinci | 99,74 € | 120,05 € | +20,4% |
| Airbus | 154,78 € | 198,40 € | +28,2% |
| Legrand | 94,04 € | 127,25 € | +35,3% |
| BNP Paribas | 59,22 € | 80,79 € | +36,4% |
| Safran | 212,10 € | 297,40 € | +40,2% |
| Panier des 13, 1 000 € par société | 13 000 € | 14 238 € | +9,5% |
Source : cours de clôture à la Bourse de Paris relevés par S&P Capital IQ, lus le 29/10/2026. Variations du cours seul, dividendes non compris.
Un épargnant qui n'aurait détenu que Dassault Systèmes aurait perdu 28,8% en 2025. Avec Safran seule, il aurait gagné 40,2%. Le panier des 13, avec la même somme dans chaque société, a progressé de 9,5%. Le panier a fait moins bien que la meilleure action, mais il n'a pas subi la perte de la plus mauvaise.
Pour des actions détenues en direct, l'AMF indique qu'il convient d'acheter au moins une dizaine d'actions de différents secteurs économiques. Un fonds investit en général sur une trentaine de titres au moins. La leçon action ou ETF compare les 2 approches sur un cas réel.
3. Répartir entre pays et devises
Les 13 sociétés du tableau sont toutes cotées à Paris, en euros. Placer dans d'autres pays expose à d'autres conjonctures et à d'autres devises, qui n'évoluent pas toujours dans le même sens, selon l'AMF. L'indice MSCI World, suivi par les ETF dits World, en donne un exemple et en montre aussi les limites.
| Repère | MSCI World au 30/09/2026 |
|---|---|
| Nombre de sociétés | 1 249 |
| Pays couverts | 23 pays développés |
| Poids des États-Unis | 72,94% |
| Poids de la France | 2,24% |
| Poids des 10 premières sociétés | 27,85% |
Source : MSCI, fiche de l'indice MSCI World (USD), données au 30/09/2026, lue le 28/10/2026.
Le nombre de sociétés ne dit pas tout de la répartition. Près des trois quarts du poids vont aux États-Unis et plus d'un quart aux 10 premières sociétés. Ajouter un ETF sur le S&P 500 à un ETF World renforce donc encore le poids des actions américaines, au lieu de diversifier.
Hors de la zone euro, changer de pays, c'est aussi changer de devise. En 2025, l'action Microsoft a gagné 14,7% en dollars, mais seulement 1,4% pour un épargnant en euros, à cause de la baisse du dollar. La leçon le risque de change détaille ce calcul.
4. Répartir entre types de placements
Les actions ne sont qu'un type de placement. Les obligations, les fonds monétaires, l'immobilier et l'épargne garantie évoluent autrement. Les combiner forme l'allocation d'actifs d'un épargnant.
L'AMF propose un ordre. Une épargne de précaution, disponible et placée sans risque, passe en premier. Viennent ensuite les besoins à moyen terme, puis, avec un horizon lointain, les placements non garantis comme les actions et les obligations. La part placée en actions dépend du profil de chacun et de son horizon. Elle relève d'un conseil personnalisé, que ce guide ne donne pas.
5. Vérifier la diversification réelle
Un portefeuille peut sembler diversifié sans l'être. Il se vérifie sur 4 repères :
- Le poids de la plus grosse ligne, rapporté au total du portefeuille, qui dit combien un seul placement pèse sur le résultat.
- La part de chaque secteur et de chaque pays, ETF compris, en lisant leur composition.
- Les doublons entre fonds, quand 2 ETF détiennent les mêmes grandes sociétés.
- La devise de chaque placement, pour savoir quelle part dépend du dollar.
Les fiches Upside+ donnent le secteur et le pays de chaque société analysée, avec sa note et ses chiffres datés.
Voir les actions et leurs notes
6. Rééquilibrer dans le temps
Les poids ne restent pas ceux du départ. Dans le panier des 13 sociétés, chaque ligne pesait 7,69% du total au 31 décembre 2024. Un an plus tard, Safran en pesait 9,85% et Dassault Systèmes 5,00%, sans aucune opération de l'épargnant.
Le rééquilibrage ramène chaque ligne à son poids choisi. Il vend une partie de ce qui a monté pour racheter ce qui a baissé, ou oriente les nouveaux versements vers les lignes en retrait. Chaque vente peut coûter des frais de courtage et, dans un compte-titres, de l'impôt sur la plus-value.
7. Choisir l'enveloppe
- Dans un PEA, un ETF doit être investi à 75% au moins en actions de sociétés de l'Union européenne, selon la page « Trackers (ETF) » de l'AMF, lue le 28/10/2026. Des ETF éligibles reproduisent pourtant la performance d'indices mondiaux par réplication synthétique.
- Dans un compte-titres, tous les titres sont acceptés, sans plafond. L'AMF y recommande de diversifier en choisissant différents titres financiers, sur des secteurs et des zones géographiques variés.
Le guide du PEA compare les offres des établissements et le guide investir en ETF explique le choix d'un indice.
Sources
- AMF, « Bien diversifier son épargne pour atteindre ses objectifs », 19 octobre 2023, lue le 29/10/2026.
- AMF, « Comment bien diversifier un investissement ? », 8 juillet 2016, lue le 29/10/2026.
- AMF, « Trackers (ETF) » et « Le compte-titres ordinaire », pages lues le 28/10/2026.
- MSCI, fiche de l'indice MSCI World (USD), données au 30/09/2026, lue le 28/10/2026.
- Cours de clôture à la Bourse de Paris et aux États-Unis relevés par S&P Capital IQ, taux de change de référence de la Banque centrale européenne, lus le 29/10/2026.
Upside a un accord d'affiliation avec le courtier XTB. En dehors de cette mention, ce guide ne cite aucun courtier ni aucun ETF.
Questions fréquentes
Comment diversifier son portefeuille ?
En répartissant son argent entre des sociétés de secteurs différents, des pays, des devises et des types de placements, après avoir mis de côté une épargne de précaution. Pour des actions détenues en direct, l'AMF retient au moins une dizaine de sociétés de différents secteurs (page du 8 juillet 2016). Un fonds, selon la même page, investit en général sur une trentaine de titres au moins.
Combien d'actions faut-il pour être diversifié ?
L'AMF indique qu'il convient d'acheter au moins une dizaine d'actions de différents secteurs économiques pour obtenir un portefeuille diversifié (AMF, page « Comment bien diversifier un investissement ? », 8 juillet 2016). Le nombre ne suffit pas. Des sociétés du même secteur ou du même pays subissent souvent les mêmes chocs.
Un ETF World suffit-il à diversifier ?
Pas sur tous les plans. Au 30/09/2026, l'indice MSCI World réunissait 1 249 sociétés de 23 pays développés, selon MSCI. Les sociétés américaines y pesaient pourtant 72,94% et les 10 premières 27,85%. L'indice ne contient ni actions des pays émergents ni autres types de placements.
La diversification évite-t-elle les pertes ?
Non. Elle réduit le risque propre à chaque société, pas celui du marché entier. L'indice MSCI World, qui réunissait 1 249 sociétés au 30/09/2026, a perdu 17,73% en 2022, en dollars et en rendement brut, dividendes réinvestis, selon la fiche publiée par MSCI.
Qu'est-ce que le rééquilibrage d'un portefeuille ?
C'est le fait de ramener chaque ligne au poids choisi au départ. Avec le temps, les placements qui montent prennent plus de place et ceux qui baissent en perdent. Le rééquilibrage vend une partie des premiers pour racheter les seconds, ou oriente les nouveaux versements vers les lignes en retrait.
Le PEA permet-il de diversifier son portefeuille ?
Oui, dans les limites de l'enveloppe. Un ETF entre dans un PEA s'il est investi à 75% au moins en actions de sociétés de l'Union européenne (AMF, page « Trackers (ETF) », lue le 28/10/2026). Certains ETF éligibles obtiennent la performance d'un indice mondial par un contrat d'échange conclu avec un établissement financier, en général une banque.
Trop diversifier présente-t-il un risque ?
Oui. Multiplier les lignes multiplie les frais de courtage et le temps de suivi. Des fonds qui détiennent les mêmes sociétés n'ajoutent rien à la diversification. Le poids des lignes compte plus que leur nombre.