Le problème de départ
Un épargnant qui veut investir en bourse sur plusieurs années hésite souvent entre 2 enveloppes. Le PEA et l'assurance vie réduisent tous les deux l'impôt sur les gains, mais pas sur les mêmes placements ni après la même durée. Le bon choix dépend donc de ce qu'il veut acheter et du moment où il pense récupérer l'argent.
Cette leçon compare les deux enveloppes sur 3 points, ce qu'elles peuvent loger, ce qu'elles coûtent en impôt et ce qui se passe en cas de retrait. Un cas chiffré applique ensuite les taux à un même gain.
Ce que chaque enveloppe peut loger
Le PEA bancaire sert à détenir des actions d'entreprises européennes. Il accepte aussi les fonds et les ETF investis à 75% au moins en actions de sociétés de l'Union européenne. Les versements y sont plafonnés à 150 000 euros, et une personne ne peut détenir qu'un seul PEA classique.
L'assurance vie est un contrat souscrit auprès d'un assureur. L'argent y est placé sur un fonds en euros, dont l'assureur s'engage en principe à préserver le capital, ou sur des unités de compte, comme des fonds ou des ETF, dont la valeur peut baisser. Le choix des fonds dépend du contrat, qui peut proposer des placements hors du champ du PEA.
Ce que chacune coûte en impôt
Dans un PEA, les dividendes et les plus-values ne sont pas imposés tant que l'argent reste dans le plan. Un retrait déclenche l'impôt sur les gains. Après la 5e année, ces gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et seuls les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6% dans le cas général.
Dans une assurance vie, l'impôt sur le revenu ne porte sur les gains qu'au moment d'un retrait, appelé rachat. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, ou de 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé, s'applique sur les gains retirés. Au-delà de l'abattement, pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les gains sont imposés à 7,5% tant que les primes nettes versées sur l'ensemble des contrats restent sous 150 000 euros. La fraction des gains liée aux primes au-delà de ce seuil est imposée à 12,8%. Les prélèvements sociaux sur les gains d'assurance vie sont de 17,2%.
| PEA | Assurance vie | |
|---|---|---|
| Ce qu'il loge | actions européennes, fonds et ETF éligibles, 150 000 euros de versements au plus | fonds en euros, unités de compte choisies par le contrat |
| Durée qui allège l'impôt | 5 ans | 8 ans |
| Impôt sur le revenu après cette durée | aucun | pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 : 7,5% au-delà de l'abattement, 12,8% sur la fraction des gains liée aux primes au-delà de 150 000 euros |
| Prélèvements sociaux sur les gains | 18,6% dans le cas général | 17,2% |
| Retrait avant cette durée | ferme le plan, sauf exceptions | possible ; pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, gains imposés à 12,8% avant 8 ans |
Sources : Service-public.fr, fiche sur le PEA (vérifiée le 22 mai 2026), fiche sur l'imposition de l'assurance vie (vérifiée le 15 avril 2026) et fiche sur les prélèvements sociaux (vérifiée le 30 juin 2026), lues le 28/10/2026. Les taux d'impôt sur le revenu indiqués valent pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 et sont ceux du prélèvement forfaitaire, sauf option pour le barème progressif.
Le cas chiffré : 10 000 euros de gains
Un épargnant fictif retire 10 000 euros de gains, après plus de 8 ans dans les deux enveloppes. Ses versements restent sous 150 000 euros, et il ne choisit pas le barème progressif.
Dans un PEA, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent. Ils coûtent 10 000 x 18,6%, le taux du cas général, soit 1 860 euros.
Dans une assurance vie, pour une personne seule, l'abattement de 4 600 euros laisse 5 400 euros imposables à 7,5%, soit 405 euros. Les prélèvements sociaux portent sur les 10 000 euros, à 17,2%, soit 1 720 euros. Le total atteint 2 125 euros, 265 euros de plus que le PEA.
Pour un couple marié ou pacsé, l'abattement de 9 200 euros ne laisse que 800 euros imposables, soit 60 euros d'impôt. Avec les 1 720 euros de prélèvements sociaux, le total tombe à 1 780 euros, 80 euros de moins que le PEA.
L'écart reste faible dans les deux cas. Le calcul ignore les frais (frais de gestion du contrat, frais des fonds, frais de courtage). Sur 8 ans, ils peuvent peser plus lourd que cet écart d'impôt. Le guide du PEA compare les frais des PEA proposés en France, avec leurs sources.
Les erreurs fréquentes
- Retirer d'un PEA avant 5 ans sans connaître la règle. Le retrait ferme le plan, sauf exceptions prévues par la loi, et l'antériorité acquise est perdue.
- Croire que l'abattement vaut par contrat. Les 4 600 euros, ou 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé, valent pour l'ensemble des contrats d'assurance vie du contribuable.
- Confondre fonds en euros et unités de compte. Seul le fonds en euros engage l'assureur, en principe, à préserver le capital. Une unité de compte suit son marché, à la hausse comme à la baisse.
- Ouvrir un second PEA. Il est interdit de détenir plusieurs PEA classiques. Il est en revanche possible de cumuler un PEA classique et un PEA PME-ETI, dans la limite du plafond commun fixé pour le PEA PME-ETI.
- Comparer les enveloppes sans regarder les placements. Un ETF monde non éligible au PEA peut se loger en assurance vie si le contrat le propose, ou dans un compte-titres.
La mise en pratique
- Lister ce qui sera acheté. Les actions et les ETF éligibles au PEA peuvent y être logés. Un fonds en euros n'existe qu'en assurance vie. Les autres fonds passent par une assurance vie qui les propose ou par un compte-titres.
- Fixer l'horizon. Les 5 ans du PEA et les 8 ans de l'assurance vie sont les 2 durées qui changent l'impôt. L'outil intérêts composés montre ce que la durée change à un placement.
- Savoir quand part le délai. La date d'ouverture d'un PEA est celle de son premier versement, selon Service-public.
- Comparer les frais avant les taux. Frais sur versements, frais de gestion annuels et frais des fonds se cumulent dans une assurance vie.
Les mots du glossaire
PEA, assurance vie, compte-titres, prélèvement forfaitaire unique, ETF, plus-value, dividende, frais de courtage.
La leçon suivante, PEA ou compte-titres, compare le PEA à l'enveloppe sans plafond ni avantage fiscal.