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L'immobilier australien chute à une vitesse inédite en 40 ans, l'écho en France

L'immobilier australien chute à une vitesse inédite en 40 ans, l'écho en France

Publié par le 4 min de lecture
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En Australie, le logement médian a perdu 63 400 dollars australiens depuis mars, soit environ 39 900 euros, d'après l'indice Cotality publié le 2 novembre. Les prix reculent de 6,7% en 7 mois au niveau national et de 8,1% dans les capitales des États, le rythme le plus rapide en 40 ans. En France, la hausse des taux ne frappe pas les mêmes ménages, car le taux fixe protège ceux qui ont déjà emprunté et reporte la facture sur ceux qui achètent aujourd'hui.

Une chute plus rapide, pas encore la plus profonde

Sur le seul mois d'octobre, l'indice national perd 1,2%, ce qui ramène le logement médian à 884 855 dollars australiens, environ 556 000 euros. La vitesse est le fait nouveau, puisque les capitales n'avaient cédé que 7% sur la même durée en 2022-2023. Le record de profondeur tient encore, à 8,2% entre 2017 et 2019, mais Gerard Burg, responsable de la recherche chez Cotality, s'attend à le voir tomber.

VilleOctobreSur 5 ans
Brisbane-2,0%environ +50%
Perth-1,7%environ +50%
Sydney-1,6%-1,5%

Ces reculs n'effacent donc qu'une partie des gains à Brisbane et à Perth, alors que les propriétaires de Sydney se retrouvent déjà sous leur niveau de 2021. Les ventes des 3 derniers mois sont inférieures de 23% à celles de l'an dernier. Un bien met 39 jours à se vendre, le délai le plus long depuis août 2020, avec un rabais de 4,7%.

Des hausses de taux qui touchent presque tout le monde

La banque centrale australienne a relevé son taux directeur 4 fois en 2026, de 3,60% à 4,60%. Or moins de 5% des crédits immobiliers y sont à taux fixe, si bien que les banques répercutent ces hausses sur les emprunteurs déjà endettés. Les taux variables ont ainsi pris près de 0,75 point entre janvier et juin.

Le fisc pèse aussi sur la demande, ce qui limite la comparaison avec la France. Une loi votée le 25 juin réduit dès le 1er juillet 2027 les déductions et l'abattement sur les plus-values des investisseurs dans l'ancien. La prochaine décision de taux tombe le 3 novembre à 14h30 à Sydney, soit 4h30 à Paris. Les marchés donnaient près de 90% de chances à une 5e hausse, à 4,85%, selon Reuters.

Ce que ça change pour un ménage français

La BCE a elle aussi relevé son taux de dépôt, de 2% à 2,50% en juin et en septembre. Mais 99,5% des nouveaux crédits à l'habitat étaient à taux fixe en août, donc un emprunteur à taux fixe garde sa mensualité. Le coût retombe sur celui qui signe maintenant, comme le montre cet exemple de 250 000 euros sur 25 ans, hors assurance.

TauxRepèreMensualitéÉcart
3,32%moyenne Banque de France, août1 228 euros-
3,75%courtier Pretto, octobre, 25 ans1 285 euros+58 euros
4%seuil d'alerte des notaires1 320 euros+92 euros

Les 92 euros de plus représentent 27 600 euros sur toute la durée du crédit. À mensualité égale de 1 228 euros, passer de 3,32% à 4% réduit aussi la somme empruntable à 232 600 euros, soit 17 400 euros de budget en moins pour l'acheteur.

Du côté des prix français, les notaires mesurent -0,8% sur un an dans l'ancien au 2e trimestre et projettent une stabilisation à l'automne. Les notaires estiment que « le principal risque porte davantage sur les volumes de transactions dans l'ancien que sur une nouvelle baisse brutale des prix ».

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Crédit immobilier : emprunter 200 000 euros sur 20 ans coûte 70 122 euros de plus qu'en 2021

Entre le taux de 1,05% de janvier 2021 et les niveaux actuels, la mensualité d'un prêt de 200 000 € sur 20 ans a bondi de 292 euros, soit 70 122 € supplémentaires sur la durée totale.

Pourquoi c'est important

Le cas australien montre la vitesse à laquelle un marché décroche quand les taux grimpent et que les acheteurs se retirent. Le taux fixe français amortit le choc pour les ménages déjà endettés, mais il ne protège pas un prix de revente, car celui-ci dépend du budget de l'acheteur suivant. Deux repères comptent pour la suite, à savoir la décision de la BCE du 17 décembre et le seuil de 4% sur les crédits, que les notaires jugent « particulièrement préoccupant » s'il est dépassé.

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