Un retournement brutal après l'euphorie du premier tour
Lula da Silva remporte le second tour de la présidentielle brésilienne avec 51,8% des voix et entame un quatrième mandat, du jamais vu dans l'histoire du pays. La réaction des marchés est immédiate et sévère : l'ETF iShares MSCI Brazil (EWZ) a chuté de près de 30% lors des échanges de nuit, selon CNBC. Le contraste est saisissant. Ce même ETF avait bondi de plus de 12% en une seule séance quand Flávio Bolsonaro était arrivé en tête du premier tour, portant l'espoir d'une continuité libérale.
Côté politique, la situation reste tendue. Bolsonaro refuse de reconnaître sa défaite et réclame l'annulation du scrutin. Ce refus ajoute une prime de risque politique à une équation déjà chargée pour les investisseurs.
La dette et les entreprises d'État au cœur des inquiétudes
Le vrai sujet pour les marchés est budgétaire. La dette publique brute du Brésil atteignait 82,9% du PIB en août et les investisseurs doutent que Lula freine les dépenses publiques lors de ce nouveau mandat. Cette méfiance se concentre sur deux entreprises contrôlées par l'État.
Petrobras (PBRon) est directement exposée : sous Lula, les prix des carburants sont fixés par le pouvoir, ce qui comprime les marges et les dividendes versés aux actionnaires ont déjà été réduits lors de son précédent passage à la tête du pays. Banco do Brasil (BDORY) fait face à une autre contrainte : les prêts subventionnés imposés par l'État pèsent sur sa rentabilité structurelle. Ces deux titres concentrent l'essentiel du risque sectoriel lié au retour de Lula.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $BDORY▼ Baissier
- $PBRon▼ Baissier
- $EWZon▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, les flux dans les produits cotés comme l'ETF EWZ sont devenus un moteur central des dynamiques de marché : des sorties nettes soutenues retirent de la liquidité et amplifient la pression sur les titres sous-jacents, dont PBRon et BDORY. Un choc politique majeur, comme un refus de certification des résultats, peut accélérer ces sorties bien au-delà de la réaction initiale. Ce mécanisme ne concerne pas seulement l'ETF : il se transmet aux actions brésiliennes cotées à l'international, avec un effet de levier sur les valeurs d'État déjà fragilisées par un cadre réglementaire interventionniste.













