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Eiffage : l'État veut alourdir la taxe sur les autoroutes, un frein pour un groupe très endetté

Eiffage : l'État veut alourdir la taxe sur les autoroutes, un frein pour un groupe très endetté

Publié par le 5 min de lecture
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Le constructeur et concessionnaire autoroutier Eiffage (FGR) voit l'État préparer une hausse de la taxe qui frappe les bénéfices de ses autoroutes. Mais ce prélèvement vise la trésorerie même qui rembourse une dette nettement plus lourde que celle du reste du secteur.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNégatif
IntensitéModérée
Horizon6-12 mois
Ce que ça toucheMarge des concessions, génération de trésorerie, levier financier

Une taxe plus lourde sur les autoroutes

Le gouvernement a annoncé lundi 28 septembre qu'il proposera, dans le projet de budget 2027, de réformer la taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance. Ce prélèvement sur les bénéfices des concessionnaires d'autoroutes et des grands aéroports passerait d'un taux unique de 4,6%, en vigueur depuis 2024, à des tranches allant jusqu'à 12,2% selon la rentabilité.

L'État en attend environ 800 millions d'euros de recettes supplémentaires, soit 1,4 milliard par an contre 600 millions aujourd'hui. Il précise que la hausse ne pourra pas être répercutée sur les péages. Selon l'association des sociétés d'autoroutes, qui regroupe des filiales de Vinci et d'Eiffage, ces sociétés paient déjà plus de 500 millions sur les 600 millions de la taxe actuelle.

Le texte doit encore passer au Parlement, et la part exacte qui reviendra à Eiffage n'a pas été chiffrée.

Moins de trésorerie pour un bilan chargé

Le canal est direct. La taxe porte sur le bénéfice des concessions et ne peut pas passer dans le prix du péage, elle réduit donc la trésorerie que ces actifs dégagent. Or cette trésorerie sert à rembourser la dette. Celle d'Eiffage atteint 2,36 fois l'EBITDA, le résultat d'exploitation avant amortissements, contre 0,17 fois pour la médiane des 404 sociétés de son sous-secteur, construction et ingénierie.

Le groupe part toutefois d'un profil de bénéfices très régulier, porté par des recettes de péage prévisibles. Le résultat net se maintient autour de 1 milliard d'euros par an depuis 2023, et c'est cette base que la taxe vient entamer.

Résultat net annuel d'Eiffage de 2006 à 2025, remonté à environ 1 milliard d'euros par an depuis 2023 après un creux en 2020.
Un résultat net stable autour de 1 milliard d'euros depuis trois ans, la base que la taxe vient entamer.Note : résultat net annuel, exercices clos fin décembre. La stabilité du résultat sert ici d'indicateur de régularité des bénéfices.Source : comptes annuels d'Eiffage

Le marché a déjà intégré un scénario très sombre. Au cours du 29 septembre, il suppose une baisse du free cash flow, la trésorerie qui reste une fois réglées les dépenses d'exploitation et les investissements, de 19,27% par an sur dix ans. Le PER, le cours divisé par le bénéfice par action, atteint 9,36 fois contre 17,83 fois pour la médiane du sous-secteur et se situe parmi les 20% les plus faibles de son historique sur cinq ans. L'analyse complète d'Eiffage reprend le dossier dimension par dimension.

La réaction du marché

L'action Eiffage a reculé de 3,07% mardi 29 septembre, à 102,75 euros en clôture, après avoir touché 101,05 euros en séance, son plus bas des douze derniers mois. Elle a perdu 16,05% depuis le début de l'année et cote 30,34% sous son plus haut annuel, à 147,50 euros.

Les analystes restent confiants. Sur les 18 qui suivent la valeur, 13 recommandent l'achat et 5 sont neutres. Leur objectif moyen, 157,89 euros, laisse 53,66% de potentiel, avec des cibles de 129 à 197 euros. Le titre suit pourtant la direction négative de la mesure plutôt que ces objectifs et cote 18,64% sous sa moyenne des 200 dernières séances.

Cours de l'action Eiffage sur deux ans, au plus haut vers 146 euros en février 2026, à 102,75 euros fin septembre 2026.
Un titre retombé à son plus bas de l'année le jour de l'annonce.Note : cours de clôture quotidien, en euros.Source : séances quotidiennes d'Euronext Paris sur deux ans

Le point de bascule

Le premier rendez-vous est la présentation du projet de budget 2027 en conseil des ministres, puis son vote au Parlement, où le barème de la taxe peut encore changer. Le second est la prochaine publication financière du groupe, attendue le 12 novembre.

Tant que le taux final reste inconnu, la décote du titre intègre le pire scénario. Si le barème se durcit, le désendettement ralentit sur un bilan déjà tendu. Reste à mesurer si le prix actuel rémunère ce risque : la réponse, notée et chiffrée, est dans l'analyse complète.

Les données, en clair

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