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Société Générale atteint en un trimestre la rentabilité qu'elle visait pour 2029

Société Générale atteint en un trimestre la rentabilité qu'elle visait pour 2029

Publié par le 9 min de lecture
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Société Générale (GLE) a publié jeudi un résultat net part du Groupe record de 1,888 milliard d'euros au troisième trimestre, contre 1,65 milliard attendu par les analystes. Mais l'action ne gagnait que 0,13% vers 10h30, à 62,03 euros, alors que la banque touche déjà la rentabilité qu'elle visait pour 2029.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionPositif
IntensitéModérée
HorizonImmédiat
Ce que ça toucheRentabilité, génération de capital

Un trimestre record porté par les marchés actions

Société Générale a publié ses comptes du troisième trimestre jeudi 29 octobre à 6h25, avant l'ouverture de la Bourse de Paris. Son résultat net part du Groupe, le bénéfice qui revient à ses actionnaires, atteint 1 888 millions d'euros, en hausse de 24,1% sur un an. Selon France Épargne, la médiane des estimations recueillies par la banque auprès des analystes s'établissait à 1,65 milliard. C'est un record pour un trimestre. Il représente près d'un tiers des 6 002 millions d'euros gagnés sur toute l'année 2025.

Société Générale, c'est la banque de millions de particuliers en France, à travers ses agences et sa banque en ligne BoursoBank, mais aussi une banque d'investissement au service des grandes entreprises et des fonds. BoursoBank compte désormais plus de 9,4 millions de clients et en a gagné 446 000 en trois mois.

Le résultat d'exploitation, ce qui reste une fois payés les frais et provisionnés les crédits risqués, monte à 2 673 millions d'euros, en hausse de 20,1%. Les revenus de la banque, appelés produit net bancaire, progressent de 7,8% à 7 173 millions d'euros, quand les frais ne montent que de 0,8%.

La banque d'investissement porte le trimestre avec des revenus en hausse de 12,5% à 2 777 millions d'euros. Celles des activités de marché progressent de 18,0%. Les métiers actions, qui servent les grands investisseurs sur les Bourses du monde entier, signent un record de plus de 1,2 milliard d'euros, en hausse de 45,9%. Les activités de taux, de crédit et de change reculent en revanche de 20,6%.

La banque de détail en France suit avec des revenus en hausse de 10,9%, à 2 531 millions d'euros, portés par la marge sur les crédits et les dépôts. Son bénéfice progresse de 55,4%. L'international recule au contraire de 4,3% à périmètre constant, freiné par la location de voitures Ayvens.

Selon France Épargne, les frais ont en revanche dépassé d'environ 100 millions d'euros la prévision des analystes, alourdis par les primes variables versées dans la banque d'investissement.

Résultat net annuel de Société Générale de 2006 à 2025 en euros, avec une perte en 2020 puis une remontée jusqu'à 5,3 milliards d'euros en 2025.
Un bénéfice annuel remonté à 5,3 milliards d'euros en 2025, après une perte en 2020 et des années 2022 et 2023 sous les 2 milliards.Note : résultat net annuel en euros, après rémunération des titres subordonnés, exercices clos fin décembre.Source : comptes annuels de Société Générale

La rentabilité promise pour 2029, déjà atteinte sur un trimestre

La rentabilité des fonds propres tangibles mesure le bénéfice rapporté à l'argent des actionnaires, une fois retirés les actifs immatériels. Elle atteint 13,0% au troisième trimestre, contre 10,7% un an plus tôt. Le 21 septembre, la banque avait fixé une cible de 13% à 14% pour 2029 dans son plan stratégique. Un seul trimestre ne fait pas une année, mais sur neuf mois elle ressort déjà à 12,3%, au-dessus de l'objectif d'environ 11% fixé pour 2026.

Le coefficient d'exploitation, la part des revenus absorbée par les frais de fonctionnement, tombe à 57,1%, contre 61,0% un an plus tôt. Sur 100 euros de revenus, la banque en dépense donc environ 57 pour fonctionner, contre 61 l'an dernier. Le plan vise moins de 55% en 2029.

Le coût du risque, l'argent mis de côté pour les prêts qui pourraient ne pas être remboursés, ressort à 28 points de base des encours, soit 408 millions d'euros. Pour 10 000 euros prêtés, la banque provisionne donc environ 28 euros sur l'année, dans la fourchette de 25 à 30 visée pour 2026. Sur neuf mois, il reste contenu à 27 points de base.

Le prix de l'action ne suit pas encore. Société Générale se paie 8,17 fois ses bénéfices des douze derniers mois, contre 10,06 fois pour la médiane des 451 banques diversifiées comparables. Un acheteur débourse donc environ un cinquième de moins pour chaque euro de bénéfice que chez une banque moyenne du secteur. Ce multiple se situe parmi les 30% les plus faibles de ses cinq dernières années.

L'action cote aussi sous la valeur comptable de la banque. Chaque action porte 76,4 euros d'actif net tangible fin septembre, ce qui appartiendrait aux actionnaires si la banque cessait son activité, hors actifs immatériels. Au cours de jeudi matin, le marché n'en paie que 0,81 fois, soit environ 81 centimes pour chaque euro de fonds propres. La valorisation de Société Générale face aux 451 banques du sous-secteur est détaillée dans son rapport.

Ces multiples sont calculés sur des bénéfices arrêtés avant ce trimestre. La rentabilité des fonds propres des douze derniers mois, à 9,48% contre 13,24% pour la médiane du secteur, ne reflète pas encore le niveau publié jeudi.

Rentabilité des fonds propres annuelle de Société Générale de 2002 à 2025, proche de 20% avant 2008 puis entre 1% et 10% jusqu'à 9,48% sur les douze derniers mois.
Une rentabilité des fonds propres revenue près de 10%, encore loin des niveaux d'avant la crise de 2008.Note : rentabilité des fonds propres comptables, exercices annuels puis douze derniers mois avant la publication du troisième trimestre 2026.Source : comptes annuels de Société Générale

Ce que le marché en fait déjà

Après une clôture à 61,95 euros mercredi, l'action cotait 62,03 euros vers 10h30 jeudi, en hausse de 0,13%, après avoir évolué entre 61,58 et 62,90 euros depuis l'ouverture. Le record ne déclenche donc pas de rebond.

Le titre reste 26,7% sous son plus haut de l'année, 84,82 euros atteint en séance le 6 août. Il cotait encore 72,31 euros le 25 septembre, quelques jours après la présentation du plan 2029. Il a perdu depuis plus de 10 euros. Sur un an, il conserve un gain de 13,2%. Depuis le 1er janvier, il recule en revanche de 9,5%, après avoir terminé 2025 à 68,72 euros.

Sur les 20 analystes qui suivent la valeur, 14 sont positifs, 6 neutres et aucun n'est négatif. Leur objectif de cours moyen, établi avant la publication, se situe autour de 89 euros, environ 40% au-dessus du cours de jeudi matin. Les objectifs individuels s'étalent de 72,60 à 103 euros.

Le dividende reste le point faible face aux autres banques. Il rapporte 2,81% par an au cours actuel, contre 3,93% pour la médiane du secteur. Pour 100 euros investis, un actionnaire touche donc environ 2,80 euros, contre près de 4 euros dans une banque comparable. La banque complète ce versement par des rachats d'actions, dont un programme exceptionnel de 1,5 milliard d'euros achevé le 30 septembre. Ces rachats réduisent le nombre d'actions et augmentent la part du bénéfice qui revient à chacune.

Sa réserve de capital lui en laisse la marge. Le ratio de fonds propres durs, le coussin que les régulateurs imposent aux banques pour absorber des pertes, s'établit à 13,4% fin septembre. Il dépasse d'environ 320 points de base le minimum exigé, un excédent qui sert à financer les rachats d'actions et la croissance des crédits.

Cours de l'action Société Générale sur deux ans en euros, passé d'environ 24 euros fin octobre 2024 à un sommet proche de 85 euros en août 2026, puis retombé autour de 62 euros fin octobre.
Une action multipliée par plus de deux en deux ans, mais qui a rendu plus d'un quart de sa valeur depuis son sommet d'août.Note : cours quotidien de clôture à la Bourse de Paris, en euros, jusqu'à la séance du 28 octobre 2026.Source : cours de Bourse

Le point de bascule

Le prochain repère sera la publication des comptes annuels 2026, qui dira si la rentabilité du troisième trimestre tient sur une année entière. Les analystes attendaient avant jeudi un bénéfice par action d'environ 8 euros en 2026, puis environ 9,2 euros en 2027. Leurs estimations ont été relevées de 3,61% en 90 jours. La banque se dit en bonne voie pour dépasser ses objectifs 2026 de rentabilité et de croissance des revenus, sans les relever.

Le second indicateur est le poids des métiers actions, qui pèsent à eux seuls plus de 40% des revenus de la banque d'investissement ce trimestre.

Tant que la rentabilité des fonds propres tangibles reste au-dessus de 13% et le coefficient d'exploitation sous 60%, le multiple de 8,17 fois les bénéfices paie la banque comme si son redressement restait à prouver. Chaque trimestre à ce niveau réduit alors l'écart avec les banques comparables.

Si les métiers actions reviennent à des niveaux plus ordinaires et que la rentabilité retombe vers l'objectif de 11% fixé pour 2026, la cible de 2029 redeviendrait une promesse. La décote de 0,81 fois l'actif net tangible traduirait alors une banque qui gagne moins que ce que ses fonds propres pourraient rapporter.

Bénéfice par action annuel de Société Générale de 2006 à 2025 en euros, à 6,80 euros en 2025, avec des prévisions des analystes plus élevées pour 2026 et 2027.
Un bénéfice par action de 6,80 euros en 2025, que les analystes voient continuer de monter en 2026 et 2027.Note : bénéfice par action annuel en euros. Les deux dernières barres sont les prévisions moyennes des analystes, établies avant la publication du troisième trimestre.Source : comptes annuels de Société Générale et consensus des analystes

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