Un classement stable, dominé par des dispositifs de masse
Avec 91,9 milliards d'euros de dépenses fiscales prévues pour 2027, le budget de l'État recense 459 niches, soit six de moins qu'en 2026, selon Les Echos. Les quinze plus coûteuses concentrent à elles seules plus de la moitié de la facture totale. Et contrairement à l'image d'Épinal de l'optimisation fiscale réservée aux plus riches, le haut du classement est largement occupé par des dispositifs qui touchent des millions de ménages.
Le crédit d'impôt recherche reste en première position à 7,4 milliards d'euros, suivi de près par le crédit d'impôt pour les services à la personne, à 7,1 milliards. L'abattement de 10% sur les pensions de retraite pèse 4,7 milliards et le pacte Dutreil, qui facilite la transmission d'entreprises familiales, atteint 3,8 milliards. Le gouvernement a choisi de laisser intacts les trois premiers au nom du soutien à l'économie et à l'emploi à domicile. Seul l'abattement des retraités est raboté : son plafonnement à 3 000 euros doit générer 1,4 milliard d'euros d'économies.
La voiture électrique, seule vraie nouveauté du palmarès
Une entrée fracassante modifie le classement cette année. L'exonération du malus au poids pour les véhicules électriques grimpe à la cinquième place, à 3,4 milliards d'euros, contre 1,5 milliard en 2025. Cette progression illustre l'effet budgétaire d'un dispositif d'incitation industrielle qui monte en charge rapidement, sans que le législateur ait anticipé l'ampleur du coût.
Ce dérapage n'est pas isolé. En 2026, la facture totale des niches a atteint 92,5 milliards d'euros, soit 4,6 milliards de plus que la prévision initiale. La moitié de cet écart s'explique par l'adoption tardive du budget 2026, qui a empêché plusieurs mesures de rabot de produire leurs effets en année pleine. Le coût réel des dépenses fiscales dépasse donc systématiquement les projections, ce qui rend l'exercice de maîtrise budgétaire d'autant plus difficile à tenir.







