Aller au contenu principal
Netflix remplace ses patrons des contenus et des films, l'action tombée à 63,90 dollars

Netflix remplace ses patrons des contenus et des films, l'action tombée à 63,90 dollars

Publié par le 8 min de lecture
Partager
Ajoutez-nous à vos favoris

Netflix (NFLX), le service américain de vidéo à la demande, a remplacé en deux semaines les responsables de ses séries et de ses films. Mais ce remaniement touche le moteur de sa rentabilité, au moment où l'action termine à 63,90 dollars, son plus bas des douze derniers mois.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNégatif
IntensitéFaible
HorizonStructurel
Ce que ça touchePrime de risque, Avantage concurrentiel

Deux semaines, trois départs à la tête des programmes

Netflix a annoncé le 15 octobre le départ de Bela Bajaria, sa directrice des contenus depuis 2023, entrée dans le groupe en 2016. Elle a supervisé des succès comme « Squid Game » ou « Bridgerton » et les accords de diffusion de matchs avec la NFL. Peter Rice la remplace depuis le lundi 26 octobre.

Netflix, c'est le service de séries, de films et de matchs en direct que l'on regarde sur sa télévision ou son téléphone, avec ou sans publicité. Ce sont les équipes qui choisissent ces programmes qui changent de tête.

Peter Rice a dirigé la télévision de Disney après le rachat de Fox, où il avait fait carrière. Il dirige désormais toute la stratégie de contenus de Netflix. Ted Sarandos, codirigeant du groupe, le décrit comme l'un des dirigeants les plus efficaces à grande échelle du divertissement.

Le 19 octobre, le site spécialisé TheWrap a rapporté le départ de Dan Lin, à la tête des films depuis avril 2024. Son adjoint Doug Belgrad avait déjà quitté le groupe avec le plan social. Aucun successeur n'a été nommé à la tête des films.

Ces départs suivent une série commencée le 14 octobre, avec la suppression d'environ 1 000 postes, soit environ 6% des quelque 16 000 salariés. Le 20 octobre, les comptes du troisième trimestre ont ramené à 2,7 milliards de dollars la prévision de revenus publicitaires pour 2026, contre 3 milliards auparavant. L'agence Bloomberg a relié ces épisodes le 26 octobre dans un récit de deux semaines de turbulences internes.

Netflix n'a pas expliqué publiquement les raisons de ces départs. Ted Sarandos a remercié Bela Bajaria pour une décennie de travail et Dan Lin pour son action sur les films, sans autre justification.

Chiffre d'affaires annuel de Netflix depuis vingt ans, en hausse continue, avec les prévisions des analystes pour 2026 et 2027.
Le chiffre d'affaires progresse chaque année depuis vingt ans, porté par les séries et les films que la nouvelle équipe va désormais choisir.Source : comptes publiés de Netflix, consensus des analystes

Le moteur que la nouvelle équipe reprend

Un changement de direction agit sur la prime de risque, le supplément de rendement qu'un investisseur exige quand l'avenir devient moins lisible. Chez Netflix, il touche les équipes qui décident quelles séries et quels films sont financés, donc la source même des abonnements.

Le 20 octobre, la direction a dit vouloir accélérer la croissance des heures de visionnage, un point qu'elle reconnaît inquiéter une partie des investisseurs. Le temps passé devant le service est le premier signe qu'un abonné va rester. Ce temps dépend des programmes que la nouvelle équipe va commander.

Ces choix ont porté le ROIC, le bénéfice d'exploitation rapporté à tout l'argent investi dans l'activité, de 15,66% en 2021 à 34,21% sur les douze derniers mois. La médiane des 93 sociétés de médias et de divertissement de son sous-secteur se situe à 2,59%. Netflix tire donc d'un dollar investi plus de dix fois ce qu'en tire un groupe de médias moyen.

La nouvelle équipe hérite ainsi d'une machine très rentable, qu'elle doit garder à ce niveau. Ses premières décisions sur les films et les séries ne se verront dans les comptes qu'avec plusieurs années de décalage, le temps de produire puis de diffuser les programmes. D'ici là, les investisseurs jugent sur des noms et des intentions.

Le PER, le prix de l'action divisé par son bénéfice par action, ressort à 18,46 fois les bénéfices des douze derniers mois. La médiane du sous-secteur se situe à 23,95 fois. Face à sa propre histoire, ce multiple se situe dans les 10% les plus bas de ses cinq dernières années. Netflix n'a donc presque jamais coûté aussi peu cher par rapport à ses bénéfices depuis cinq ans.

Le free cash flow, la trésorerie qui reste une fois les dépenses et les investissements payés, donne la dernière lecture. Le calcul part du cours et remonte à la croissance de cette trésorerie qu'un acheteur retient sans le dire. Au cours du 26 octobre, le prix suppose qu'elle progresse d'environ 6,9% par an pendant dix ans.

Le marché retient donc une croissance plus lente que celle que Netflix a réalisée ces dernières années. La comparaison de Netflix avec les 93 sociétés de son sous-secteur détaille l'écart entre sa rentabilité et le prix payé pour elle.

ROIC annuel de Netflix depuis 2007, bas pendant la décennie 2010, en hausse chaque année depuis 2022 jusqu'aux douze derniers mois.
Le rendement du capital investi remonte chaque année depuis 2022 et atteint son plus haut niveau depuis 2010.Source : comptes publiés de Netflix

Ce que le marché en fait déjà

L'action Netflix a clôturé à 63,90 dollars le lundi 26 octobre, en recul de 2,96% sur la séance. Depuis la clôture du 13 octobre, veille de l'annonce du plan social, le titre a perdu 9,31%. Depuis son record de clôture du 30 juin 2025, à 133,91 dollars, il a perdu 52,28% de sa valeur. Il se situe aussi 45,26% sous son plus haut des douze derniers mois, à 116,73 dollars.

Le cours évolue 22,21% sous sa moyenne des 200 dernières séances, le cours moyen des quelque dix derniers mois de Bourse. Le RSI à 14 jours, un indicateur qui compare la force des hausses récentes à celle des baisses, ressort à 33,46. Il approche la zone où les baisses sont jugées excessives.

Sur les 51 analystes qui suivent la valeur, 33 sont positifs, 16 neutres et 2 négatifs. Les 43 qui publient un objectif de cours visent en moyenne environ 85 dollars, soit un écart d'environ 33% avec la clôture du 26 octobre. Les objectifs individuels vont de 57 à 126 dollars. Un mois plus tôt, 35 analystes étaient positifs et un seul négatif. Wolfe Research a abaissé son opinion le 22 octobre, au surlendemain de la publication.

Netflix ne verse pas de dividende et rend son argent par les rachats d'actions, qui représentent 4,80% de sa valeur en Bourse sur un an. Au troisième trimestre, le groupe a racheté pour 4,8 milliards de dollars d'actions, son record pour un trimestre. Ces rachats soutiennent le bénéfice par action pendant que la nouvelle équipe s'installe.

La rentabilité progresse chaque année depuis 2022 alors que l'action recule depuis juin 2025. Le marché paie Netflix comme un groupe dont la croissance ralentit et dont la nouvelle direction des programmes doit encore faire ses preuves.

Cours de l'action Netflix en dollars sur deux ans, en hausse jusqu'à mi-2025 puis en baisse jusqu'à fin octobre 2026.
Après le sommet de mi-2025, le cours enchaîne des plus bas de plus en plus bas et finit au point le plus faible de la période.Source : cours de Bourse

Le point de bascule

Le prochain rendez-vous est la publication des comptes du quatrième trimestre, attendue vers le 19 janvier 2027, une date encore estimée. Netflix y donnera ses premières prévisions pour 2027, les premières préparées sous la direction des contenus arrivée le 26 octobre. Les investisseurs y chercheront aussi le budget consacré aux programmes. Le nom du futur responsable des films est l'autre signal à suivre.

Tant que la marge opérationnelle reste proche des 31,67% des douze derniers mois et que le chiffre d'affaires de 2027 approche les environ 56,6 milliards de dollars attendus par les analystes, le remaniement reste un changement d'équipe sur une machine qui tourne. Le multiple de 17,83 fois les bénéfices attendus reste alors celui d'un groupe payé moins cher que son secteur pour une rentabilité bien supérieure.

Si la première prévision pour 2027 place le bénéfice par action sous les environ 3,8 dollars attendus aujourd'hui, soit une hausse d'environ 5%, le marché lirait ces départs comme le début d'un ralentissement plus long. La prime de risque monterait encore sur un titre déjà au plus bas de son année.

Bénéfice par action annuel de Netflix depuis 2002, en forte hausse depuis 2022, avec les prévisions des analystes pour 2026 et 2027.
Les analystes attendent encore une hausse du bénéfice par action en 2027, mais avec une pente bien plus faible qu'en 2025.Source : comptes publiés de Netflix, consensus des analystes

Actifs corrélés

Suivez le cours et nos analyses pour chaque actif lié.

Actifs impactés

Données via Hyperview

À lire ensuite