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Netflix perd 42,90% en un an et se paie désormais comme le reste de son secteur

Netflix perd 42,90% en un an et se paie désormais comme le reste de son secteur

Publié par le 10 min de lecture
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Netflix (NFLX), le service de vidéo à la demande par abonnement, perd 42,90% sur un an et cote près de son plus bas de deux ans, quand la société médiane de son secteur ne recule que de 12,11%. Mais ses comptes n'ont pas suivi le cours, et le prix ne suppose plus qu'une croissance modeste.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNeutre
IntensitéFaible
HorizonImmédiat
Ce que ça touchePerception, valorisation

Un plus bas de deux ans, sans mauvaise nouvelle

The Motley Fool a publié le 10 octobre une analyse signée Will Healy, qui décrit une action Netflix en train de stagner autour de son plus bas de deux ans. Le constat se vérifie sur les séances. Le titre a fini la semaine à 70,30 dollars le vendredi 9 octobre, en baisse de 1,77% sur la séance, après une clôture à 67,06 dollars le 2 octobre, la plus basse depuis deux ans.

Netflix, c'est le service de séries, de films et de documentaires que l'on regarde sur la télévision, l'ordinateur ou le téléphone, qui propose désormais aussi des jeux et des programmes en direct. L'article cite deux de ses formules, une offre avec publicité à 8,99 dollars par mois et une offre premium sans publicité à 26,99 dollars.

L'auteur aligne les vents contraires.

Netflix a perdu la bataille pour le rachat de Warner Bros. Discovery face à Paramount, devenu Skydance, ce qui la prive d'un catalogue de films et de séries. YouTube, la plateforme d'Alphabet, creuse son avance dans le temps passé devant la télévision. Et une partie des ménages arbitre ses dépenses au profit de l'essentiel.

Les comptes, eux, restent en croissance. Au premier semestre 2026, le chiffre d'affaires a atteint près de 25 milliards de dollars, en hausse d'environ 15% sur un an, et le bénéfice 8,7 milliards contre 6 milliards un an plus tôt.

Une partie de ce bénéfice ne vient pourtant pas de l'activité. Il s'agit de 2,9 milliards de dollars de produits d'intérêts et autres produits, soit environ un tiers du bénéfice du semestre, presque entièrement logés au premier trimestre.

Aucune annonce de la société n'accompagne ce recul. L'article du Motley Fool est une analyse de contributeur, et ses arguments décrivent des faits déjà connus. Les prochains comptes sont attendus le 20 octobre.

Cours de l'action Netflix sur deux ans, au sommet au milieu de 2025, en repli continu depuis jusqu'à un plus bas en octobre 2026.
Le titre a rendu en un an tout ce qu'il avait gagné en 2025, et revient à son niveau d'octobre 2024.Note : cours de clôture quotidien sur deux ans, en dollars. Le pointillé vert marque l'objectif moyen des analystes.Source : séances quotidiennes sur deux ans

Le prix du secteur, la rentabilité en plus

Un repli de cours ne modifie aucune ligne des comptes. Il change le prix payé pour les mêmes comptes, et c'est ce prix qui se relit.

Le premier point est que la baisse est propre à Netflix. La société médiane de son sous-secteur du divertissement, celle qui se situe au milieu de 95 sociétés cotées, ne recule que de 12,11% sur un an. Le marché n'a pas revendu le secteur, il a revendu Netflix, ce qui traduit un doute sur la durée de sa croissance.

Ce doute a ramené le titre à un multiple ordinaire. Netflix se paie 22,15 fois ses bénéfices des douze derniers mois, contre 22,71 pour la société médiane du sous-secteur.

Rapporté à sa propre histoire, ce PER, le nombre d'années de bénéfice que l'on paie en achetant l'action, se situe dans les 20% les plus bas de ses cinq dernières années. Le chiffre profite toutefois du produit exceptionnel du premier trimestre, sans lequel le multiple serait plus élevé. Il se lit donc comme un plancher, pas comme le prix réel des bénéfices récurrents.

Le même prix achète pourtant une rentabilité sans rapport avec celle du secteur. La marge nette de Netflix atteint 27,99%, ce qui veut dire que sur 100 dollars de ventes, près de 28 restent en bénéfice, contre 3,88% pour la société médiane du sous-secteur, à peine 4 dollars sur 100.

Le marché paie donc le même multiple pour des bénéfices plus de sept fois plus épais rapportés aux ventes. Cet écart ne se comprend que si le marché doute que cette rentabilité dure, ou que la croissance qui la nourrit se poursuive.

Reste ce que le prix suppose pour l'avenir. Le Reverse-DCF part du cours payé aujourd'hui et remonte à l'envers jusqu'à la performance nécessaire pour le justifier. À la clôture du 9 octobre, il suppose que le free cash flow, l'argent qui reste une fois payés le fonctionnement et les investissements, croisse de 8,55% par an pendant dix ans. Fin août, le même calcul donnait 10,5%.

Le prix suppose donc moins que ce que les analystes attendent du chiffre d'affaires, environ 13% de hausse cette année. Autrement dit, le cours ne demande plus à Netflix de répéter son passé. Il se contente d'une société qui ralentit franchement. La comparaison avec les 95 sociétés du sous-secteur situe chacun de ces ratios face aux concurrents.

PER annuel de Netflix depuis 2006, très élevé entre 2012 et 2016, puis en baisse jusqu'aux niveaux actuels, avec deux barres de prévision basses.
À 22,15 fois ses bénéfices, le titre se paie bien moins cher qu'au cours de la dernière décennie.Note : PER glissant annuel. Les deux dernières barres rapportent le cours aux bénéfices attendus par les analystes.Source : comptes annuels de Netflix et consensus

Ce que le marché en fait déjà

À la clôture du vendredi 9 octobre, l'action valait 70,30 dollars. Elle perd 25,02% depuis le 1er janvier et se situe 43,70% sous son plus haut des 52 dernières semaines, à 124,86 dollars. Sa fourchette annuelle va de 65,08 à 124,86 dollars, et le cours se trouve tout près du bas de cet intervalle.

La tendance de fond reste baissière. Le titre cote 15,76% sous sa moyenne des 200 dernières séances, et la pente de cette moyenne a reculé de 11,88% en trois mois. Son RSI, un indicateur qui mesure sur 100 l'intensité des mouvements récents, ressort à 43,84, en zone neutre. Un signal de divergence haussière apparaît toutefois, ce qui veut dire que le cours a marqué un nouveau plus bas sans que la pression vendeuse s'intensifie.

Le consensus reste majoritairement positif, sans unanimité. Les 51 analystes qui suivent la valeur affichent un objectif moyen d'environ 93 dollars, soit un potentiel d'environ 32%, avec 35 avis positifs, 15 neutres et un négatif. Leurs cibles vont de 57 à 135 dollars, et la borne basse se situe sous le cours actuel.

Les avis bougent dans les deux sens. Deutsche Bank a relevé son avis le 29 septembre, une semaine après que HSBC a abaissé le sien le 22. Le bénéfice par action attendu pour l'exercice, 3,58 dollars, n'a presque pas bougé en 30 jours.

Depuis son plus bas du 2 octobre, le titre a repris un peu plus de 4%, sur des volumes proches de leur moyenne des trois derniers mois. Ce rebond reste trop court pour parler de retournement.

C'est la divergence du dossier. Les comptes progressent, les analystes restent positifs, et le cours reste collé à son plus bas. Le marché attend une preuve que la croissance tient, et cette preuve ne peut venir que des comptes.

Jauge de position du cours de Netflix dans sa fourchette annuelle, tout près du plus bas.
Le cours se situe tout près du bas de sa fourchette annuelle.Note : position de la clôture du 9 octobre entre le plus bas et le plus haut des 52 dernières semaines.Source : séances quotidiennes sur un an

Le point de bascule

Le prochain rendez-vous est la publication du troisième trimestre, le 20 octobre. Les analystes y attendent un chiffre d'affaires d'environ 12,9 milliards de dollars, en hausse d'environ 12% sur un an, puis une hausse comparable au trimestre suivant.

Le scénario favorable tient à la régularité. Si la croissance trimestrielle reste autour de 12%, l'écart avec les 8,55% par an que suppose le prix devient difficile à justifier pour une société dont la marge nette atteint 27,99%.

Le scénario défavorable tient au ralentissement. Le consensus attend déjà 11,18% de hausse du chiffre d'affaires en 2027, après 13,36% cette année, et le bénéfice par action ne progresserait que de 6,08% l'an prochain, parce que 2026 porte le produit exceptionnel du premier trimestre. Une croissance qui glisserait vers le rythme du secteur ôterait au titre son principal argument.

Tant que le chiffre d'affaires progresse de plus de 10,10% par an, le rythme de la société médiane du sous-secteur, le prix qui ne suppose que 8,55% de croissance des flux reste en dessous de ce que Netflix réalise. Si la publication du 20 octobre montre une croissance qui passe sous ce seuil, l'écart se referme, et le plus bas de deux ans devient le prix d'une croissance ordinaire.

Chiffre d'affaires annuel de Netflix depuis vingt ans, en hausse régulière, avec deux barres de prévision plus hautes pour 2026 et 2027.
Le chiffre d'affaires progresse toujours, mais à un rythme que les analystes voient ralentir.Note : chiffre d'affaires annuel. Les deux dernières barres sont des prévisions d'analystes.Source : comptes annuels de Netflix et consensus

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