Un plein de 50 litres de gazole revient à environ 113 euros dans les stations qui ont changé leur prix ce 1er novembre, jour de la baisse promise par le gouvernement. Elles affichent 2,267 euros le litre en moyenne en début d'après-midi, contre 2,404 euros pour celles dont le dernier prix date du 25 au 29 octobre, d'après le flux officiel des prix. L'écart atteint 13,7 centimes, mais il ne s'agit pas des mêmes stations et il ne mesure donc pas à lui seul la baisse. La même nuit, des drones ont visé en Russie la raffinerie de Kstovo, sur un marché mondial du diesel déjà en manque de produit.
Ce qui a été touché à Kstovo
Le gouverneur de la région de Nijni Novgorod reconnaît une « attaque massive de drones » et des dégâts importants dans une « entreprise industrielle » du district de Kstovo, sans dire laquelle, selon Arab News. Il annonce plus de 100 drones détruits et aucune victime à ce stade.
Le fabricant ukrainien de drones Fire Point affirme de son côté avoir touché la raffinerie Lukoil de la ville, la 4e de Russie avec environ 17 millions de tonnes de pétrole par an, soit près de 340 000 barils par jour, selon UNN. Ni l'ampleur des dégâts ni l'unité atteinte ne sont établies. Le site avait déjà été visé les 18 et 20 mai, le 2 juillet et le 26 août, puis l'état-major ukrainien a annoncé son arrêt le 4 septembre. Les sources lues ne disent pas s'il avait repris depuis.
Cette frappe s'ajoute à celles du 30 octobre, quand le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a reconnu des attaques contre trois raffineries et un complexe gazier, en évoquant des dégâts mineurs sur un seul site, selon le Kyiv Independent.
Pourquoi une raffinerie russe compte à la pompe en France
L'Union européenne n'achète plus de produits pétroliers russes depuis l'embargo du 5 février 2023, si bien que le lien passe par le marché mondial. La Russie était le deuxième fournisseur mondial de diesel avant ces attaques. Ses exportations sont tombées à 141 000 barils par jour en septembre contre 608 000 un an plus tôt, soit une chute de plus de 75%, d'après les données de Kpler citées par CNBC. En ajoutant le Moyen-Orient, les exportations mondiales de diesel ont reculé d'environ 1 million de barils par jour.
La Turquie, le Brésil ou l'Afrique du Nord remplacent le diesel russe par celui des États-Unis, de l'Inde et du Moyen-Orient, en concurrence avec les autres acheteurs, selon Oilprice. Le diesel à terme à New York valait 4,68 dollars le gallon vendredi 30 octobre, en baisse de 6,2% sur une semaine (Yahoo Finance). Les marchés étant fermés le dimanche, leur réaction à la frappe se lira lundi.
Une baisse prévue pour trois mois
Le décret du 23 octobre organise la vente de 10 millions de barils des stocks stratégiques français aux opérateurs pétroliers, à leur coût d'achat moyen, jusqu'au 31 janvier 2027, selon LeLynx. Les distributeurs doivent répercuter cet avantage jusqu'au client. Le gouvernement vise 12 à 18 centimes de moins par litre en moyenne, soit 6 à 9 euros sur un plein de 50 litres. Cette fourchette reste une estimation, car le résultat dépendra aussi des cours du pétrole.
Pourquoi c'est important
Un automobiliste gagne quelques euros par plein pendant trois mois, mais le déstockage n'ajoute aucune capacité de raffinage au marché. L'Agence internationale de l'énergie prévoit une offre de diesel contrainte jusque loin dans l'année 2027, selon CNBC. Pour un actionnaire, cette rareté se lit dans les marges des raffineurs, comme celle de TotalEnergies en Europe.

TotalEnergies voit sa marge de raffinage bondir de 146%, son action n'a presque pas bougé
TotalEnergies annonce une marge de raffinage européenne de 33,2 dollars le baril au troisième trimestre. Son action, déjà près de son sommet, a à peine bougé.






