L'État veut prélever 2,1 milliards d'euros en 2027 sur les recettes de l'assurance chômage, a annoncé le 5 octobre le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Rapportée aux 2,6 millions de chômeurs indemnisés prévus l'an prochain, la somme représente environ 808 euros par personne indemnisée (2,1 milliards divisés par 2,6 millions). L'argent ne finance pas leurs allocations, il part dans le budget de l'État (AFP via Boursorama).
D'où vient l'argent prélevé
Les recettes de l'Unédic, l'organisme qui gère l'assurance chômage, viennent surtout des cotisations patronales, égales à 4% du salaire brut. Sur un salaire brut de 2 500 euros, cela représente 100 euros par mois versés par l'employeur. Depuis 2019, la cotisation des salariés a été remplacée par une part de 1,47 point de CSG sur les revenus d'activité.
Le ministre a calé le montant sur l'excédent que l'Unédic prévoyait en juin pour 2027. Ses nouvelles prévisions, publiées le 21 octobre, tiennent compte d'une conjoncture plus faible (AFP via Boursorama).
| Prévision de l'Unédic pour 2027 | Solde |
|---|---|
| Sans prélèvement de l'État | +1,4 milliard d'euros |
| Avec le prélèvement annoncé | -600 millions d'euros |
Un amendement au budget 2027 qui limiterait le prélèvement à 1 milliard d'euros laisserait encore l'Unédic à l'équilibre, selon l'organisme. Le texte n'a pas été adopté à ce stade.
Une dette qui ne baisse plus
Avec les 2,1 milliards de 2027, les prélèvements de l'État atteignent 14 milliards d'euros depuis 2023. Sans eux, la dette de l'Unédic aurait pu tomber à 49,4 milliards d'euros fin 2026. Elle dépassera au contraire 61 milliards, dont plus de 18 milliards hérités du Covid. En 2026, le prélèvement de 4,1 milliards fait déjà passer le régime en déficit de 2,3 milliards.
Le coût de cette dette monte avec les taux. Les intérêts, un peu au-dessus de 200 millions d'euros en 2021, dépasseraient 1 milliard en 2028, selon les projections de l'Unédic.

Banque de France : chômage à 8,4%, pouvoir d'achat en recul et croissance ramenée à 0,4% en 2026
Les projections de septembre de la Banque de France dressent un tableau sombre : PIB à 0,4%, chômage à 8,4% et pouvoir d'achat salarial en recul pour 2026.
Ce que redoutent les gestionnaires
« On va nous redemander plus tard de nous désendetter et justifier ainsi des baisses de droits », a déclaré la présidente de l'Unédic, Patricia Ferrand (CFDT). Son vice-président, Jean-Eudes Tesson (Medef), rappelle que si le taux de chômage dépasse 9%, les durées maximales d'indemnisation augmentent de 25%, selon les règles en vigueur depuis 2023. Le taux atteignait 8,3% au deuxième trimestre selon l'Insee, et l'Unédic ne le voit pas dépasser 8,8% avant fin 2028.
Pourquoi c'est important
Un régime qui reste endetté à plus de 61 milliards d'euros, avec des intérêts qui grossissent, laisse moins de marge si le chômage remonte. Pour un salarié, une partie des cotisations versées sur son salaire au titre du chômage sert à financer le budget de l'État. Le vote de la partie recettes du budget 2027 dira si le prélèvement reste à 2,1 milliards ou descend à 1 milliard.






