Un podium dominé par les nordiques, la France coincée au milieu
Le Marsh CFA Institute Global Pension Index 2026 couvre 55 systèmes de retraite dans le monde. Les Pays-Bas décrochent la première place avec un score global de 85,8 sur 100, devant le Danemark (84,1) et l'Islande (84,0), tous trois notés A. Singapour (82,0) et Israël (81,9) complètent le top 5.
La France se positionne 19e avec 70,3 sur 100, note B. Ce score est identique à celui de 2025 : aucun progrès, aucun recul. Le Canada (18e, 70,6) et les Émirats arabes unis (20e, 70,0) encadrent la France dans ce classement.
L'adéquation au sommet, la soutenabilité en queue de peloton
Le paradoxe français est lisible dans les sous-scores. Sur le critère de l'adéquation, c'est-à-dire le niveau effectif des pensions versées aux retraités, la France obtient 85,0 sur 100 et se classe 3e mondiale, derrière le Koweït (88,3) et les Pays-Bas (87,7). Les pensions françaises sont généreuses. Le problème est ailleurs.
Sur la soutenabilité financière, qui mesure la capacité du système à tenir dans la durée, la France chute à 49,3 sur 100 et pointe au 36e rang mondial, avec une note D. C'est le talon d'Achille du modèle : des prestations élevées financées par un système dont la solidité à long terme est jugée fragile. À titre de comparaison, l'Espagne (30e au classement général) affiche une soutenabilité encore plus dégradée à 33,0, tandis que l'Italie (41e) plafonne à 27,0.
Ce que le rapport recommande à la France
Pour améliorer sa position, le rapport Marsh CFA Institute formule trois recommandations à destination de la France. La première consiste à augmenter les cotisations versées dans une épargne retraite placée, afin de faire croître un capital sur la durée, logique de capitalisation qui fait aujourd'hui défaut au système français. La deuxième recommandation porte sur le maintien des seniors en emploi à mesure que l'espérance de vie progresse. La troisième invite à réduire progressivement la dépense publique consacrée aux retraites.
Ces trois axes pointent tous dans la même direction : alléger la pression sur un système par répartition qui supporte seul le poids des pensions, sans filet de capitalisation suffisant pour absorber le vieillissement démographique. La note D en soutenabilité traduit précisément ce déséquilibre structurel, que le score global de 70,3 masque en partie grâce à l'excellence des prestations servies aujourd'hui.







