Une semaine de fracture entre l'Asie et l'Europe
Entre le 30 octobre et le 6 novembre, les marchés ont évolué dans des directions radicalement opposées selon les zones géographiques. Le Kospi coréen a reculé de 11,7%, le Nikkei japonais de 9,3% et l'indice américain des fabricants de puces de 12,1%. À rebours, le CAC 40 gagnait 2,1%, Hong Kong 5,1% et Shanghai 1,4%.
Tout s'est cristallisé jeudi à Wall Street. Le Nasdaq 100 a cédé 6,36% en une seule séance, l'indice des puces 12%. Nvidia a perdu plus de 440 milliards de dollars de valeur boursière en une journée. Malgré un rebond vendredi, le S&P 500 a signé sa pire semaine depuis juin. Paris, elle, a progressé jeudi en pleine chute américaine.
La double pression sur les valeurs technologiques
Deux catalyseurs ont alimenté la correction. Mardi, les démocrates ont remporté les élections de mi-mandat américaines : plusieurs élus souhaitent encadrer les centres de données, où se concentrent les investissements liés à l'intelligence artificielle. La menace réglementaire a pesé directement sur les valeurs du secteur.
Vendredi, de bons chiffres de l'emploi ont ravivé la crainte d'une hausse des taux américains, qui pèse mécaniquement sur les valeurs de croissance. La conjonction des deux a amplifié la vague vendeuse.
En Asie, la secousse a été particulièrement brutale. Le Kospi a plongé de 8,5% en séance vendredi, suffisamment pour déclencher une suspension de cotation de 20 minutes, avant de finir en baisse de 6%, entraîné par Samsung et SK Hynix. À Tokyo, le Nikkei a perdu 6%, avec 3 589 actions en baisse pour seulement 118 en hausse. Côté refuges, l'or a pris 4,5% à 4 075 dollars l'once, tandis que le pétrole Brent reculait de 16%. Le VIX a terminé la semaine à 25,6, contre 19,4 sept jours plus tôt : la nervosité reste élevée.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
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Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, un stress de marché soutenu pousse d'abord les investisseurs vers les valeurs refuges comme l'or, ce que confirme la hausse de 4,5% observée cette semaine. Les actions exposées à la croissance, Nvidia (NVDA), le S&P 500 (SPY) ou Samsung (SSNLF), réagissent comme des actifs risqués et décrochent en premier. Le CAC 40, moins concentré sur la tech, a cette fois amorti le choc. Nos modèles rappellent aussi un point contre-intuitif : lors d'une crise prolongée, l'or peut lui-même reculer, submergé par des ventes forcées sur d'autres marchés. Le réflexe "crise = or monte" ne tient que sur les chocs courts.







