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Diamants de synthèse, or de synthèse : De Beers parie sur la transmutation après l'effondrement du marché du diamant

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La rareté, modèle économique pulvérisé

Une pierre d'un carat se vendait en moyenne 8 007 dollars en 2021. En 2026, ce même carat s'échange à 3 898 dollars selon CNBC. Divisé par plus de dix depuis 2015, le prix du diamant de synthèse raconte en quelques chiffres l'histoire d'un marché qui s'est effondré sous le poids de sa propre réplication industrielle.

Le diamant naturel valait parce qu'il était rare. Dès lors que la technologie a permis de produire des pierres chimiquement identiques en laboratoire, à coût décroissant et en volume croissant, la rareté a cessé d'être un fait pour devenir une fiction marketing. Le modèle De Beers, construit sur un siècle de contrôle de l'offre et de communication sur l'éternité, n'a pas résisté à cette réalité industrielle.

Anglo American cherche le prochain pari impossible

Face à ce précédent, Anglo American, maison mère de De Beers, a choisi une stratégie surprenante : reproduire la logique du diamant de synthèse, mais sur l'or. En 2024, le groupe a investi dans Marathon Fusion, une jeune entreprise américaine qui affirme être capable de transformer du mercure en or par fusion nucléaire.

L'ambition rappelle l'alchimie médiévale et la comparaison n'est pas flatteuse sur le plan scientifique. La transmutation d'éléments est physiquement possible, mais reste extrêmement énergivore et non viable à grande échelle selon les données disponibles dans la littérature scientifique. Les marchés de prédiction reflètent ce scepticisme : la cote d'une confirmation de rendement significatif par Marathon Fusion d'ici fin 2026 s'établissait à 12% au moment du tweet.

Pourquoi c'est important pour vos actifs

Si le scénario du diamant se répétait sur l'or, les conséquences seraient d'une tout autre ampleur. L'or est un actif de réserve mondial, détenu par les banques centrales, intégré dans des ETF, utilisé comme couverture contre l'inflation. Une dévaluation structurelle de sa rareté percuterait des portefeuilles bien au-delà du secteur joaillier.

Mais le précédent du diamant enseigne aussi une chose : la destruction d'un marché fondé sur la rareté ne se produit pas du jour au lendemain. Elle s'installe sur une décennie, portée par des coûts de production qui s'effondrent progressivement. Marathon Fusion n'en est qu'au stade de l'affirmation. Anglo American, en revanche, a déjà vécu de l'intérieur ce que signifie parier sur la mauvaise version de la rareté.

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