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Global Capitalism Index : la France 21e, devant l'Allemagne qui chute à la 24e place

Global Capitalism Index : la France 21e, devant l'Allemagne qui chute à la 24e place

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Points clés

La France stable, l'Allemagne en décrochage

Le Global Capitalism Index, élaboré par des chercheurs de l'Université de Virginie, classe 161 pays sur leur degré d'adhésion aux principes du capitalisme de marché. Dans son édition la plus récente, la France obtient 85,2 points sur 100 et se positionne à la 21e place mondiale. L'Allemagne, elle, recule à la 24e place, derrière l'Irlande et l'Autriche. Ce résultat peut surprendre : la France n'est pas réputée pour son orthodoxie libérale et pourtant c'est bien elle qui devance son voisin d'outre-Rhin dans un classement construit autour des fondamentaux du marché.

La divergence entre les deux économies tient moins à une progression française qu'à un effondrement allemand. Paris n'a presque pas bougé depuis 2018. Berlin, en revanche, est passée de 94,9 à 84,4 points en sept ans, soit une chute de plus de dix points sur l'ensemble de l'indice. Ce n'est donc pas que la France ait réformé en profondeur son modèle économique : c'est l'Allemagne qui a reculé sur des critères où elle dominait autrefois largement. Le renversement de classement est le produit d'une érosion progressive et continue côté allemand, pas d'un sursaut côté français.

Trois piliers allemands en chute libre

Le détail sectoriel révèle l'ampleur du recul. Le marché du travail allemand s'est dégradé de 83 à 59,7 points, une baisse qui reflète les rigidités accumulées et la montée des coûts salariaux. La création et le développement des entreprises ont suivi la même trajectoire, de 90,4 à 67,8 points, signalant un environnement entrepreneurial qui s'est alourdi au fil des années. Le système bancaire, enfin, est passé de 71,1 à 60 points, complétant un tableau sectoriel particulièrement sombre pour la première économie de la zone euro.

Ces trois reculs ne sont pas anodins : ils touchent précisément les piliers sur lesquels repose la compétitivité structurelle d'une économie. Un marché du travail moins flexible, un tissu entrepreneurial moins dynamique et un secteur financier fragilisé forment une combinaison qui pèse sur la capacité d'adaptation à long terme.

C'est précisément sur ce dernier critère que la France tire son épingle du jeu. Le secteur bancaire français, structuré autour de quelques très grands groupes, obtient 88,4 points, soit plus de 28 points d'avance sur son voisin allemand. Une organisation concentrée, souvent critiquée pour son manque de concurrence interne, qui se révèle ici un atout dans la grille de lecture de l'indice. La concentration, dans ce cadre d'évaluation, est lue comme un facteur de solidité et de lisibilité plutôt que comme un défaut de marché.

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Le décrochage allemand n'est pas sans conséquences pour la zone euro dans son ensemble. Le marché de prédiction attribue une cote de 24% à un abaissement de la note de la dette européenne avant 2027, signal que la fragilité de la première économie du continent pèse sur la perception du risque souverain régional. Quand l'Allemagne perd des points sur ses fondamentaux de marché, c'est le moteur de croissance de tout le bloc qui tourne moins vite.

Une Allemagne moins compétitive sur le plan structurel, c'est une pression supplémentaire sur les équilibres budgétaires européens que Paris ne peut pas ignorer. La France a beau figurer devant Berlin dans ce classement, les deux économies restent profondément imbriquées. Un ralentissement durable de l'activité allemande se transmet mécaniquement aux partenaires commerciaux et aux dynamiques de la zone euro, quel que soit le rang affiché dans un indice.

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