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Retraites des fonctionnaires : un tiers du budget de l'Éducation nationale, 49,3 milliards au total en 2025

Retraites des fonctionnaires : un tiers du budget de l'Éducation nationale, 49,3 milliards au total en 2025

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Points clés

Une transparence inédite sur le poids des pensions

Bercy a publié pour la première fois la ventilation des charges de retraites par ministère, révélant une réalité budgétaire que les documents agrégés masquaient jusqu'ici. Selon budget.gouv.fr, la facture totale des pensions de fonctionnaires atteint 49,3 milliards d'euros en 2025, soit 11,4% du budget général de l'État. La moyenne tous ministères confondus s'établit à 13% des crédits.

Cette publication marque une rupture dans la façon dont l'État documente ses engagements de long terme. Jusqu'à présent, les données agrégées ne permettaient pas de mesurer, ministère par ministère, la part des crédits absorbée par des droits acquis dans le passé. En rendant cette ventilation publique, Bercy offre une lecture concrète d'un débat souvent abstrait : les retraites des agents publics ne pèsent pas sur un fonds dédié, mais directement sur les crédits de chaque ministère, comprimant d'autant les marges disponibles pour les politiques publiques en cours. Chaque euro consacré à une pension est un euro qui ne finance ni un investissement, ni une réduction du déficit.

La portée de cette transparence dépasse le simple exercice comptable. Elle permet pour la première fois de comparer les ministères entre eux sur ce critère précis et de mesurer l'écart entre ceux dont la structure de personnel génère une charge historique lourde et ceux qui restent en dessous de la moyenne de 13%.

L'Éducation et l'Intérieur, premiers contributeurs

L'Éducation nationale supporte la charge la plus lourde en valeur absolue. Avec 28,5 milliards d'euros consacrés aux pensions, le ministère y affecte 32% de son budget total, soit près d'un euro sur trois. Ce ratio s'explique par la taille du corps enseignant, l'un des plus importants de la fonction publique d'État et par des départs à la retraite massifs accumulés sur plusieurs décennies. Concrètement, cela signifie que pour chaque tranche de cent euros inscrite au budget de l'Éducation nationale, trente-deux servent à financer des pensions d'anciens agents, avant même qu'un seul euro ne soit alloué à un enseignant en activité, à un équipement scolaire ou à un programme pédagogique.

L'Intérieur n'est pas en reste. Police et gendarmerie génèrent une facture de 10,4 milliards d'euros, représentant 30% des crédits du ministère. Des métiers à carrières longues, souvent assortis de bonifications d'annuités, expliquent ce niveau élevé. Le ratio de 30% place l'Intérieur au même niveau de contrainte structurelle que l'Éducation nationale, même si le montant absolu est sensiblement inférieur.

Ces deux ministères concentrent à eux seuls une part disproportionnée de la charge totale, bien au-dessus de la moyenne de 13% observée sur l'ensemble du périmètre gouvernemental. L'écart entre ces deux poids lourds et la moyenne générale illustre à quel point la structure historique des effectifs conditionne les marges budgétaires actuelles, indépendamment des choix politiques du moment.

Pourquoi c'est important pour vos actifs

La publication de ces données intervient dans un contexte de pression croissante sur la note souveraine française. Le marché de prédiction donne 67% de probabilité à un abaissement de la note de la France par Moody's ou S&P d'ici fin octobre 2026. Par ailleurs, le marché de prédiction attribue une cote de 53% à la probabilité que la France adopte un budget national d'ici le 31 décembre.

Un budget général où 11,4% des crédits servent à financer des pensions passées réduit mécaniquement la capacité de l'État à dégager des marges de manoeuvre, que ce soit pour investir ou pour réduire le déficit. La rigidité de cette dépense est structurelle : elle ne peut pas être ajustée à court terme par une décision politique ordinaire, ce qui la distingue d'autres postes budgétaires plus flexibles. Pour les détenteurs d'obligations d'État françaises ou d'actifs sensibles au risque souverain, la visibilité nouvelle sur cette contrainte est un signal à intégrer dans l'analyse du risque France. La lecture est baissière.

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