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Prix des terrains à bâtir +73% depuis 2010, l'idée d'un plafond revient

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Le prix moyen du mètre carré de terrain à bâtir pour une maison individuelle est passé de 59 euros en 2010 à 102 euros en 2024. Cela représente une hausse de 73% en 14 ans, selon le Service des données et des études statistiques (SDES), rattaché à l'État. La progression ralentit sans s'arrêter, avec encore +1,7% sur la seule année 2024.

Un terrain moyen à 95 000 euros

En 2024, un ménage qui fait construire achète en moyenne une parcelle de 932 m2 pour 95 000 euros. Le terrain pèse ainsi environ 30% du coût total du projet, estimé à 313 700 euros construction comprise. Les parcelles rétrécissent (-2,6% de surface sur un an) alors que le mètre carré continue de monter.

Le foncier reste le poste le plus variable d'un chantier neuf. Damien Hereng, président de la Fédération des constructeurs de maisons individuelles, explique à BFM que le prix d'un terrain peut varier de 15% dans un sens ou dans l'autre, sous le seul effet de l'offre et de la demande.

Plus de 100% de hausse dans trois régions

Les prix ont plus que doublé depuis 2010 dans les Pays de la Loire (+103%), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (+101%) et en Corse (+100%). La Bretagne (+98%) et la Normandie (+92%) suivent de près. L'Île-de-France progresse moins vite (+37%), car ses terrains comptaient déjà parmi les plus chers du pays.

Les écarts de prix restent énormes d'une région à l'autre. Le seul terrain coûte en moyenne 211 000 euros en Île-de-France et 201 000 euros en Paca, contre 62 000 euros en Nouvelle-Aquitaine et 51 000 euros en Bourgogne-Franche-Comté.

Un plafond sur le modèle des loyers

Thierry Repentin, maire PS de Chambéry et coprésident de l'Association des maires de France, défend un prix plafond pour les parcelles constructibles, « à l'image de l'encadrement des loyers ». Les terrains continueraient d'être vendus au privé, sans pouvoir dépasser ce plafond. L'idée figurait déjà dans les conclusions du Conseil national de la refondation sur le logement, réuni de novembre 2022 à juin 2023.

L'élu veut aussi revoir la fiscalité. Aujourd'hui, plus un propriétaire attend avant de vendre son terrain, moins sa plus-value est taxée, jusqu'à ne plus rien payer au bout de 30 ans. Le système récompense donc ceux qui gardent leurs parcelles.

La mesure a été reprise par Emmanuel Maurel, ex-candidat de la Gauche républicaine et socialiste à la présidentielle, qui vise une hausse des prix du foncier plus lente que celle du marché. Jean-Luc Mélenchon (LFI) l'a aussi inscrite dans son programme. À droite, la sénatrice LR Dominique Estrosi-Sassone propose une autre voie. Elle veut élargir le droit de préemption des communes, c'est-à-dire leur priorité d'achat, aux terrains vendus à un prix jugé excessif.

Un outil existe déjà, le bail réel solidaire (BRS). Le ménage achète les murs, tandis que le terrain reste la propriété d'un organisme public, ce qui réduit le coût d'environ 30%.

Les promoteurs craignent un marché encore plus bloqué

Les promoteurs immobiliers s'opposent au plafond. Avec des prix encadrés, les propriétaires risquent de ne plus vendre du tout, ce qui bloquerait davantage un marché du neuf déjà au plus bas. Ils réclament plutôt plus de terrains constructibles, en poussant les maires à signer davantage de permis de construire malgré l'objectif de zéro artificialisation nette des sols.

Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, veut reverser aux communes une plus grande part de la TVA tirée de la construction. Selon lui, chaque euro investi dans un chantier neuf rapporte 2 euros de TVA. L'aide aux maires bâtisseurs, de 1 000 à 5 000 euros par logement construit, a de son côté pris fin le 31 mars 2026.

Pourquoi c'est important

Pour un ménage qui fait construire, le terrain représente environ 30% de la facture. Une hausse de 73% en 14 ans renchérit directement le prix d'une maison neuve, alors que la construction de maisons individuelles a reculé en 2024 pour la troisième année consécutive. Le sujet entre dans la campagne de 2027, entre ceux qui veulent encadrer le prix des terrains et ceux qui veulent en libérer davantage.

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