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Plan Retailleau : 197 milliards d'euros d'économies en 5 ans pour ramener le déficit à 2,2%

Plan Retailleau : 197 milliards d'euros d'économies en 5 ans pour ramener le déficit à 2,2%

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"C'est ça ou la Grèce" : l'avertissement de Retailleau

Bruno Retailleau a choisi une formule sans détour pour présenter son programme budgétaire aux Échos : "C'est ça ou la Grèce." Derrière la provocation, un chiffre central : 197 milliards d'euros d'économies cumulées sur cinq ans, sans aucune hausse d'impôts. L'objectif affiché est de ramener le déficit public de 5,4% à 2,2% d'ici la fin du quinquennat.

Le plan repose sur trois blocs distincts. Le plus lourd pèse 96 milliards et cible l'État lui-même : l'essentiel de l'effort passerait par le non-remplacement de 400 000 fonctionnaires partant à la retraite. Pas de licenciements, mais une décrue mécanique des effectifs publics sur la durée du mandat. Le deuxième bloc, à 91 milliards, porte sur les dépenses sociales. La réforme des retraites en constitue le cœur : un départ fixé à 63 ans et un taux plein repoussé à 65 ans, une combinaison censée dégager 42 milliards à elle seule. Le troisième bloc, plus modeste, demande 10 milliards aux collectivités locales.

Un pari politique et social à hauts risques

L'arithmétique du plan est lisible. Sa faisabilité politique l'est beaucoup moins. Supprimer 400 000 postes de fonctionnaires par attrition suppose une discipline budgétaire maintenue sur l'ensemble du quinquennat, sans gel des recrutements ciblés dans les secteurs sous tension. Côté retraites, repousser le taux plein à 65 ans va plus loin que la réforme de 2023, qui avait déjà déclenché plusieurs mois de mobilisation sociale.

Les marchés de prédiction donnent 54% de probabilité à l'adoption d'un budget national d'ici le 31 décembre, signe que l'incertitude reste entière sur la capacité du gouvernement à faire voter un texte d'une telle ampleur. Côté marchés financiers, les mesures d'austérité et la réforme des retraites sont identifiées comme des facteurs de volatilité à court terme pour les actions françaises, en cas de tensions sociales prolongées.

La contrainte de fond, elle, est réelle : avec un déficit à 5,4%, la France s'expose à une procédure de déficit excessif de la Commission européenne et à une pression croissante sur le spread de ses obligations souveraines. Retailleau joue sur cette urgence pour légitimer l'ampleur du choc budgétaire qu'il propose.

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