Aller au contenu principal
Lundi noir du 19 octobre 1987 : le S&P 500 chutait de 20,5% en une seule séance, deux fois pire que 1929
Illustration : Patrick Weissenberger via Unsplash

Lundi noir du 19 octobre 1987 : le S&P 500 chutait de 20,5% en une seule séance, deux fois pire que 1929

Publié par le 2 min de lecture188 vues0 likes
Partager
Ajoutez-nous à vos favoris

La pire journée de l'histoire boursière américaine

Le 19 octobre 1987, le S&P 500 perdait 20,5% en une seule séance. Le Dow Jones, lui, cédait 22,6%. Environ deux fois plus violent que le pire jour de 1929 : aucune autre journée dans l'histoire de Wall Street n'a approché ce niveau de destruction en si peu d'heures. La Federal Reserve History documente ce Lundi noir comme l'effondrement le plus brutal jamais enregistré sur les marchés américains.

La brutalité du mouvement n'était pas le fruit d'une panique irrationnelle isolée. Elle tenait à un mécanisme précis, alors tout nouveau : l'assurance de portefeuille.

L'assurance de portefeuille, accélérateur de chute

Ces programmes, déployés massivement dans les années précédant le krach, reposaient sur un principe mécanique : vendre automatiquement des contrats à terme dès que le marché baissait, pour limiter les pertes des portefeuilles institutionnels. En théorie, une protection. En pratique, une boucle de rétroaction dévastatrice.

Dès que la baisse a commencé ce lundi matin, tous ces systèmes ont vendu simultanément. Les ventes ont amplifié la chute, ce qui a déclenché de nouvelles ventes automatiques, qui ont amplifié encore la chute. Un enchaînement que personne n'avait anticipé à cette échelle et que rien ne pouvait interrompre : il n'existait alors aucun mécanisme de pause.

Les coupe-circuits, héritage direct du Lundi noir

Ce vide réglementaire a été comblé dans les années suivantes. Le krach de 1987 a directement donné naissance aux coupe-circuits, ces seuils automatiques qui suspendent ou ferment la cotation du S&P 500 en cas de chute rapide.

Le dispositif actuel fonctionne en trois paliers. Une pause de 15 minutes s'enclenche à -7%. Une deuxième interruption intervient à -13%. À -20%, la séance est fermée pour la journée. Ces seuils sont calibrés pour briser exactement le type de spirale vendeur-vendeur qui a emporté les marchés en 1987 : donner aux opérateurs le temps de reprendre la main avant que l'automatisme ne prenne le dessus.

Trente-neuf ans après, ces garde-fous restent la réponse structurelle la plus directe à ce que les programmes d'assurance de portefeuille ont démontré ce jour-là : une technologie conçue pour protéger peut, si elle est déployée sans filet, devenir le principal vecteur de la catastrophe qu'elle était censée éviter.

Actifs corrélés

Suivez le cours et nos analyses pour chaque actif lié.

Marchés de prédiction

Données via Hyperview

À lire ensuite