Un projet adopté en février, enterré en septembre
La chambre basse du Parlement néerlandais avait voté en février 2026 un texte prévoyant une imposition à 36% sur les plus-values latentes en bitcoin et en cryptomonnaies. Autrement dit, les détenteurs auraient été taxés sur des gains non encore réalisés, sans avoir vendu leurs actifs. Le Sénat a retiré le projet le 29 septembre, mettant fin à une réforme fiscale qui avait suscité une vive inquiétude dans la communauté des investisseurs néerlandais.
La crainte de l'exode comme argument décisif
Le retrait du texte n'est pas anodin sur le plan politique. Taxer des plus-values latentes, c'est imposer un contribuable sur une richesse qu'il n'a pas encore encaissée, ce qui crée mécaniquement une pression à la vente ou, pire pour les finances publiques, une incitation à délocaliser ses actifs. C'est précisément cet argument, la fuite des capitaux vers des juridictions plus clémentes, qui a pesé dans la décision du Sénat. Les Pays-Bas, place financière ouverte et très connectée aux marchés européens, ne pouvaient pas ignorer ce risque.
La question de la fiscalité des actifs numériques reste un chantier ouvert dans toute l'Union européenne. En France, les contribuables qui s'interrogent sur leur propre situation peuvent consulter notre guide sur la fiscalité crypto en France pour comprendre comment les plus-values réalisées sont traitées côté français. Le cadre MiCA, entré en vigueur progressivement depuis 2024, harmonise la régulation des marchés crypto au niveau européen, mais la fiscalité reste une compétence nationale, ce qui explique des divergences aussi marquées entre États membres.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Le recul néerlandais envoie un signal clair aux autres législateurs européens : une taxation des plus-values latentes sur les cryptos se heurte à des obstacles pratiques et politiques difficiles à surmonter. Pour les investisseurs, cela confirme que la pression fiscale sur les actifs numériques, bien que croissante, reste contrainte par la mobilité des capitaux et la concurrence entre juridictions. Un projet similaire dans un autre pays membre de l'UE devra désormais composer avec ce précédent.










