Un effort de 54 milliards pour un résultat limité
Le gouvernement Lecornu présente un budget 2027 construit autour d'un objectif de déficit public à 5% du PIB, contre 5,4% attendus en 2026. L'effort affiché atteint 54 milliards d'euros. La dette publique, elle, continue de progresser pour atteindre 121,7% du PIB, un niveau record.
La trajectoire repose sur une hypothèse de croissance à 1% en 2027, après 0,5% en 2026. Le Haut Conseil des finances publiques juge ce scénario « optimiste ». Pendant ce temps, la charge de la dette bondit de 79 à 91 milliards d'euros et devient le premier poste de dépense de l'État, hors pensions. Le taux d'emprunt français à 10 ans a dépassé 4,8% cette semaine, un plus haut depuis 2008.
Recettes : surtaxes reconduites, exonérations rabotées
Les prélèvements obligatoires montent à 44,2% du PIB. Côté recettes, la surtaxe sur les grandes entreprises est reconduite, pour 5 milliards d'euros (contre 7,5 milliards en 2026). Les exonérations de cotisations patronales sont rabotées à hauteur de 3,7 milliards. La taxe sur les autoroutes et aéroports est portée à 1,4 milliard, la taxe sur le fret maritime revient à 8% et la contribution des complémentaires santé est prolongée à 2,05%. L'avantage fiscal de l'apport-cession lors d'une transmission disparaît.
Côté dépenses, les économies les plus lourdes portent sur les retraités (5,5 milliards, avec un gel des pensions au-dessus de 1 260 euros), les collectivités locales (5,4 milliards), le travail et l'emploi (2,5 milliards), le gel du point d'indice des fonctionnaires (2 milliards), les arrêts de travail (2 milliards) et une hausse des dépenses d'assurance maladie limitée à 2%. Les armées gagnent 11% et la justice 5%. Les entreprises obtiennent un crédit d'impôt industrie verte élargi et un suramortissement sur la robotique et l'intelligence artificielle.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- $CAC▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, une pression fiscale accrue sur les grandes entreprises françaises comprime directement leurs marges, ce qui pèse sur le CAC 40. La reconduction de la surtaxe et le rabot sur les exonérations patronales s'inscrivent dans ce schéma. Par ailleurs, une dette souveraine qui s'alourdit et des taux longs qui montent réduisent la capacité de l'État à soutenir l'économie, ce qui renforce le caractère défensif des actifs refuges. Le marché de prédiction donne à 42% la probabilité que la France adopte un budget avant le 31 décembre, ce qui maintient une incertitude réelle sur le calendrier législatif.









