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L'Oréal : les ventes accélèrent à +7,2%, l'action passe au-dessus de l'objectif des analystes

L'Oréal : les ventes accélèrent à +7,2%, l'action passe au-dessus de l'objectif des analystes

Publié par le 8 min de lecture
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L'Oréal (OR), le géant français de la beauté, a vendu pour 11 561 millions d'euros au troisième trimestre, 343 millions de plus que ce qu'attendaient les analystes. Mais l'action, qui bondit en Bourse, coûte désormais plus cher que leur objectif de cours moyen.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionPositif
IntensitéModérée
Horizon6-12 mois
Ce que ça toucheChiffre d'affaires, Qualité de la demande

Un trimestre qui accélère partout

L'Oréal a publié son chiffre d'affaires du troisième trimestre le 22 octobre à 18 heures, après la clôture de la Bourse. Les ventes progressent de 11,9% en euros et de 7,2% à données comparables, c'est-à-dire à périmètre et taux de change identiques. Les analystes attendaient environ 11 218 millions d'euros, et le trimestre les dépasse d'environ 3%.

L'Oréal, c'est le shampooing Elsève et le mascara Maybelline du supermarché, mais aussi les parfums Yves Saint Laurent et la crème CeraVe vendue en pharmacie. Le groupe fournit aussi les soins Kérastase des salons de coiffure.

La Beauté Dermatologique, celle de La Roche-Posay et de CeraVe, gagne 12,2% à données comparables, et les Produits Professionnels 12,1%. Le Luxe, première division avec 4 177 millions d'euros de ventes, accélère à 6,4% grâce aux parfums. Les Produits Grand Public ferment la marche avec une hausse de 4,3%.

La zone qui regroupe l'Asie du Sud, le Moyen-Orient et l'Afrique progresse de 19,2%, et l'Europe de 9,9%. En Chine, le groupe dit croître près de trois fois plus vite que le marché. L'Amérique du Nord ne gagne que 2,2%, un chiffre que L'Oréal ramène à 5,6% en corrigeant le calendrier de sa transformation informatique. L'Amérique latine recule de 1,0%, avec un « sérieux trou d'air » au Mexique sur le maquillage grand public.

L'écart entre les 11,9% publiés et les 7,2% comparables tient aux marques achetées récemment, comme les parfums Creed, et aux devises. Le communiqué ne donne que les ventes, et la marge comme le bénéfice ne seront connus qu'avec les résultats annuels. « Une fois de plus, le marché mondial de la beauté démontre sa résilience dans un contexte difficile », a déclaré Nicolas Hieronimus, le directeur général. Il se dit confiant dans une nouvelle année de croissance, sans relever sa prévision.

Chiffre d'affaires annuel de L'Oréal de 1997 à 2025, puis prévisions des analystes pour 2026 et 2027 en pointillé.
Des ventes en hausse chaque année depuis 2020, que les analystes voient dépasser 50 milliards d'euros en 2027.Note : chiffre d'affaires annuel publié, en euros, puis prévisions des analystes en pointillé.Source : comptes de L'Oréal, consensus des analystes

Une qualité que le prix paie déjà

Des ventes plus fortes que prévu nourrissent d'abord les prévisions de croissance, et c'est cette croissance que le cours de L'Oréal rémunère. Au dernier trimestre publié avant cette annonce, les ventes ne progressaient que de 5,80% sur un an. La médiane de son sous-secteur, les produits de soin personnel, affichait 6,57% sur 92 sociétés. Le troisième trimestre efface ce retard.

Le PER anticipé, le cours divisé par le bénéfice par action attendu cette année, ressort à 31,65 fois contre 19,89 fois pour la médiane du sous-secteur, soit un bénéfice payé près de 60% plus cher que chez le concurrent moyen. Face à sa propre histoire, le PER des douze derniers mois se situe au milieu de ses cinq dernières années, ni plus cher ni moins cher que d'habitude. Début octobre, il figurait encore parmi les 30% les plus bas de la période, et la hausse récente a effacé cette décote.

La marge brute, ce qui reste des ventes une fois les produits fabriqués, atteint 74,57% contre 56,10% pour la médiane du sous-secteur, soit près de 75 euros gardés sur 100 euros de produits vendus. C'est cette avance, bâtie sur le prix que les clientes acceptent de payer pour une marque, qui explique une partie de la prime.

Selon le communiqué, la croissance du trimestre vient principalement du mix et des volumes, c'est-à-dire de produits plus haut de gamme et de quantités vendues en hausse. Une croissance de cette nature entretient une marge brute élevée, là où des hausses de prix imposées finiraient par lasser les clientes. Le soin du cheveu, les parfums et désormais le soin de la peau gagnent des parts de marché, d'après la direction.

Au cours du 23 octobre vers 16h40, le prix de l'action suppose une croissance du free cash flow, l'argent qui reste une fois les investissements payés, d'environ 10% par an pendant dix ans. Le bénéfice par action a progressé de 12,52% par an sur les cinq dernières années. Le prix demande donc un peu moins que ce que le groupe a déjà livré, et un trimestre à 7,2% de croissance comparable rend ce rythme plus crédible.

Le détail des comparaisons avec les autres groupes de beauté se trouve dans le rapport complet de L'Oréal sur l'app Upside.

Bénéfice par action annuel de L'Oréal de 1995 à 2025, puis prévisions des analystes pour 2026 et 2027 en pointillé.
Un bénéfice par action en léger repli en 2025, que les analystes voient repartir dès 2026.Note : bénéfice par action annuel publié, en euros, puis prévisions des analystes en pointillé.Source : comptes de L'Oréal, consensus des analystes

La Bourse salue la régularité

À la clôture du 23 octobre, l'action L'Oréal gagnait 5,27% à 434,75 euros, après un plus haut de séance à 438,65 euros. Elle avait déjà pris 1,80% la veille, avant la publication.

Depuis sa clôture du 1er octobre à 371,75 euros, quand il attendait encore ces ventes, le titre a gagné environ 17%. Il cote à son plus haut des douze derniers mois, en hausse de 28,30% depuis son plus bas annuel de 338,85 euros, touché le 23 mars.

Le cours évolue 15,15% au-dessus de sa moyenne des 200 dernières séances, le repère qui sert à lire la tendance de fond. Le RSI, l'indicateur qui mesure la vitesse d'une hausse, atteint 72,34. Au-delà de 70, un titre est considéré comme suracheté, c'est-à-dire qu'il a beaucoup monté en peu de séances.

La résilience dont parle la direction se lit surtout chez L'Oréal. La médiane de son sous-secteur recule de 12,40% sur un an et se situe 30,30% sous son plus haut, quand L'Oréal gagne environ 16% sur la même période. Les investisseurs paient la régularité d'un groupe qui croît dans toutes ses régions, quand une partie de ses concurrents perd du terrain.

Sur les 24 analystes qui suivent la valeur, 15 sont positifs, 8 neutres et 1 négatif. Leur objectif de cours moyen ressort à environ 425 euros, avec des objectifs allant de 350 à 500 euros. Les 150 euros d'écart entre le plus prudent et le plus optimiste montrent un consensus encore partagé sur le prix que mérite la marque. Le cours a donc dépassé la cible moyenne avant que les analystes ne mettent à jour leurs modèles, et la suite dépendra de l'ampleur de leurs relèvements.

Cours de l'action L'Oréal sur deux ans, avec une sortie par le haut en octobre 2026 et l'objectif moyen des analystes en pointillé.
Le titre sort par le haut de la fourchette dans laquelle il évoluait depuis le printemps 2025.Note : cours de clôture quotidien en euros, objectif de cours moyen des analystes en pointillé.Source : cours de Bourse, consensus des analystes

Le point de bascule

Le prochain rendez-vous est la publication des résultats annuels, en février, comme le 12 février cette année. Elle dira si la marge a suivi les ventes. Le consensus prévoit environ 47,3 milliards d'euros de ventes sur 2026. Il ne demande donc plus qu'environ 12,0 milliards au quatrième trimestre, soit une hausse d'environ 7% sur un an, quand le troisième vient de faire 11,9%.

Tant que les ventes gardent un rythme proche de 7% à données comparables et que la marge nette, la part des ventes qui finit en bénéfice, reste proche de ses 13,90% actuels, le bénéfice par action d'environ 13,7 euros attendu pour 2026 reste à portée. Le multiple de 31,65 fois paie alors une croissance qui se vérifie trimestre après trimestre.

Si les résultats annuels montrent une marge en recul, alors que le bénéfice par action baisse déjà de 4,27% sur douze mois, des ventes solides ne suffiront plus à porter un titre payé au-dessus de l'objectif moyen des analystes. La prime sur le secteur perdrait alors l'appui des comptes.

Marge nette annuelle de L'Oréal de 1997 à 2025 et sa valeur actuelle sur douze mois.
Une marge nette qui plafonne depuis 2022 et s'effrite légèrement en 2025.Note : bénéfice net divisé par le chiffre d'affaires, par exercice, puis sur les douze derniers mois.Source : comptes de L'Oréal

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