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Venu d'Italie pour étudier à Paris, Nicolo Magnante y fonde ses start-up

Venu d'Italie pour étudier à Paris, Nicolo Magnante y fonde ses start-up

Publié par le 4 min de lecture
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Nicolo Magnante est italien, il a 26 ans et il a monté ses deux entreprises en France. Arrivé à Paris à 21 ans pour intégrer HEC, il y a lancé Bluco pendant ses études, puis Superlog, aujourd'hui passée par Y Combinator. Pour entrer dans l'accélérateur californien, il a dû créer une société américaine, mais la filiale française reste centrale et les premiers recrutements pourraient s'y faire. Il explique pourquoi.

Bluco, lancée pendant les études

Italien d'origine, Nicolo s'installe à Paris à 21 ans. Ses parents aiment la France et l'emmenaient à Paris en vacances tous les 2 ou 3 ans. HEC, l'une des meilleures écoles de commerce d'Europe et reconnue pour son parcours entrepreneuriat, lui donne l'occasion d'y vivre.

Nicolo Magnante à l'entrée de HEC Paris

Le cursus de HEC dure 3 ans, avec 2 années sur le campus et une année et demie en entreprise. En dernière année, les étudiants sélectionnés peuvent entrer au Launchpad, un programme monté avec l'École polytechnique. Chacun y forme une équipe de cofondateurs et consacre l'année à construire une start-up à la place des cours.

Nicolo y lance Bluco, une entreprise de ressources humaines. Le projet fonctionne, ce qui le décide à rester en France après le diplôme. Cette première société, comme les suivantes, est une société française. Il n'a jamais créé d'entité en Italie et sait seulement que la démarche y est lourde aussi. La France n'est pas simple non plus sur le plan administratif. Au Royaume-Uni ou aux États-Unis, quelques heures suffisent pour créer une société.

Superlog, né d'un problème de Bluco

L'idée de Superlog vient directement de Bluco. La plateforme recevait un trafic élevé de candidats et Nicolo et son cofondateur Arseny passaient une grande partie de leur temps à traiter les erreurs de l'application.

Le schéma est classique. Une alerte signale qu'un logiciel se comporte de façon suspecte, puis un ingénieur enquête, évalue la gravité et décide s'il faut corriger. Superlog automatise ce travail, au-dessus de l'outil de supervision que l'équipe utilise déjà. Les ingénieurs peuvent ainsi consacrer leur temps aux nouvelles fonctionnalités plutôt qu'au tri des alertes.

Le passage par les États-Unis

Pour entrer à Y Combinator, une société américaine est obligatoire, l'accélérateur n'acceptant pas les entreprises sans entité aux États-Unis. Superlog a donc été montée en deux parties, avec une société américaine qui détient une filiale française. Beaucoup de fondateurs européens procèdent ainsi lorsqu'ils veulent garder une équipe en Europe, ce qui est le cas de Nicolo.

Le marché américain reste le plus grand et c'est là que l'équipe commerciale doit se trouver. Côté ingénierie, la France garde l'avantage du coût. À San Francisco, un bon ingénieur confirmé se trouve difficilement à moins de 400 000 dollars par an. Les laboratoires d'intelligence artificielle et les start-up qui ont levé des millions se disputent les mêmes profils et le meilleur du marché peut partir chez Anthropic pour plusieurs millions par an. En Europe, les salaires sont plus bas parce que le coût de la vie l'est, pour un niveau de talent que Nicolo juge équivalent. Il connaît en outre des ingénieurs en France et les premiers employés de Superlog pourraient donc y être recrutés. Le décalage horaire entre les équipes reste la principale contrainte.

Nicolo Magnante prenant la parole devant d'autres fondateurs

Pourquoi San Francisco

Pour une entreprise technologique, Nicolo reste convaincu que San Francisco est le meilleur point de départ, au moins pour un moment précis comme une levée de fonds ou l'entrée dans un accélérateur. Les coûts y sont très élevés, mais la ville est petite et concentre investisseurs, fondateurs et ingénieurs. Un match de basket ou de football entre amis peut mettre en contact avec le fondateur d'une start-up de série B ou C, qui sera peut-être demain un investisseur ou un client.

Il cite Paul Graham, cofondateur de Y Combinator et son essai sur la surface de chance. La chance ne se contrôle pas, mais le nombre d'endroits où elle peut tomber, lui, augmente quand on se place là où tout le monde se croise.

Nicolo Magnante, cofondateur de Superlog

En Europe, Nicolo place Paris parmi les meilleures villes, avec Londres selon qu'on la compte ou non dans l'Europe. La ville a un bon vivier de talents et des coûts raisonnables. Sa qualité de vie convainc aussi des Européens de l'Ouest de s'y installer. Nicolo y travaille aujourd'hui depuis La Cristallerie, un espace de bureaux et non depuis Station F.

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